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Trois têtes, un style

François Villard, Pierre Gaillard et Yves Cuileron.

François Villard, Pierre Gaillard et Yves Cuilleron.

Quand trois grands vignerons aux tempéraments aussi différents que bien marqués s’associent, lequel l’emporte?

Le rustique, le technique, ou l’élégant?

Pierre Gaillard, Yves Cuilleron et François Villard représentent un peu cette énigme. Tous trois bien implantés dans le Rhône nord, ils se sont associés dans les années 90 pour former un nom bien connu chez nous, les Vins de Vienne. Ville rhodanienne connue parce que c’est là que se trouve une des aoc les plus célèbres de la région, Côte-Rotie.

«Pierre est assez précis. Il a pour ses vins une vision très aromatique, vise le fruité pur. C’est le plus technique. François se démarque par la fraicheur et la tension minérale de ses vins. Moi j’aime faire des vins qui s’inscrivent dans le temps. Je me fous du tout de suite qui est la mode actuelle. Mes vins sont un peu plus rustique», a décrit Yves Cuilleron lors d’un récent passage au Québec en compagnie de François Villard.

Comment trois amis qui ont chacun leur caractère fort en arrivent donc à s’entendre sur la façon de travailler ?

«Quand on fait son vin individuellement, on est intuitif. À trois il faut réfléchir», poursuit Cuilleron.

Une chose sur laquelle le trio s’entend, d’abord, c’est sur les méthodes de culture de leurs 18 hectares de vigne, les plus saine possibles, et les vinifications peu interventionnistes avec levures indigènes.

Alors pour en revenir à la question initiale, qui gagne ?

Aucun, en fait.

La plupart des crus de la maison sont d’un style facile d’approche, qui plaira à tous, sans être racoleur. Les vins sont en général doté d’une belle fraicheur, de fruit pur et non confit et lourd, les tanins des rouges sont souples, les syrah pur et délicatement poivrées, sans excès. Bref, ce ne sont pas des vins qui se démarquent par un caractère extrême, mais qui sont classiques, aimables et qu’on ne se lasse pas de boire.

Il y a une exception à cette dernière règle, et il faut dire qu’elle est le pilier de l’association des trois compères.

Ils travaillent d’arrache pied, avec succès, à ressusciter un très vieux terroir, celui de Seyssuel, tout juste au nord de Vienne. Une butte abrupte sur la rive gauche du Rhône (Côte-Rotie est sur la droite), exposée sud étant donné que le Rhône y fait un coude. C’est un des plus vieux vignobles France, développé par les romains il y a 2000 ans, mais abandonné après avoir été décimé par le phylloxera dans les années 1800.

Le vignoble de Seyssuel

Le vignoble de Seyssuel

Cuilleron, Villard et Gaillard ont dont décidé de le faire revivre, convaincus que l’endroit a le potentiel des plus grandes appellations du coin. Depuis le premier millésime, en 1998, sous l’appellation IGP Collines Rhodaniennes, mais ils tentent de faire reconnaître le terroir en AOC. En Côtes-du-Rhône d’abord, puis peut-être en cru plus tard.

Nous avons en SAQ les cuvées Sotanum et Heluicum.

«Ce sont des noms que nous avons retrouvés dans un livre de Pline l’Ancien. Ce sont des crus de l’époque romaine dans la région de Vienne», explique Yves Cuilleron.

Ici, les vins sont plus tonitruants, plus caractériels que le reste de la production de la maison.

On trouve plusieurs de ces produits en SAQ. En voici un tour d’horizon.

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Crozes Hermitage 2012, Code SAQ :  12034275 , 34,25$

Cépage : marsanne

Mon coup de cœur de la dégustation. On a trop peu de vins blancs de cette appellation, qui sont de formidables vins de gastronomie riches et tendus à la fois, capables de se mesurer à des saveurs tueuses de vin comme l’ail. Le nez est d’abord discret, floral et mielleux, avec des notes de plantes vertes tropicales. La bouche, tout en étant gourmande et ronde, est marquée par la tension et une belle acidité et beaucoup de fraîcheur. On y retrouve encore un fin côté végétal, du melon miel, de l’anis, et une pointe de salinité en finale.

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Côtes-du-Rhône, Les Cranilles, 2013, Code SAQ :  00722991, 20,80$

Cépages : grenache, syrah, mourvèdre

Voilà la cuvée la plus répandue de la maison, une de celles issue de négoce puisqu’elle est composée de raisins du sud du Rhône, là où le trio n’a pas de vigne. 2013 vient tout juste d’arriver en SAQ. Ça sent les petits fruits noirs aigrelets, et en bouche ces fruits sont rehaussés d’un poivré intense. Les tanins sont souples, c’est frais et un brin terreux. Un vin de soif avec de la matière. Simple et savoureux.

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St-Joseph 2011, Code SAQ :  10783310, 28,55$

Cépage : syrah

Un nez de cerise dans l’alcool et de cassis un brin poivré et d’épices douces. Ce qui se transporte en bouche. Élégance, délicatesse et fraicheur l’emportent sur la puissance. Très bon.

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Cornas, Les Barcillants, 2011, Code SAQ :  00708438, 53$

Cépage : syrah

Issu surtout de vieilles vignes, on s’attend par ce nez de fruit noir et de cassis très épicé à une matière épaisse et dense. C’est en effet très riche. De fruit noir, de la réglisse, une minéralité bien perceptible et des tanins plus massifs. Riche donc, mais aussi frais, avec une pointe d’acidité dans une longue finale qui annonce de belles années de garde.

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Côte-Rôtie, Les Essartailles, 2010, Code SAQ :  11600781, 73$

Cépage : syrah

Issu de raisins de la côte Brune et d’un sol de schiste, le nez de violette poivrée est tout en subtilité. Plus épicé encore en bouche, il est délicat, avec des notes de résine de conifère. Tanins souples. Ce n’est pas le plus complexe ou le plus tonitruant des Côte-Rôtie. Il joue plutôt sur le raffinement et le plaisir.

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Héluicum, IGP collines rhodaniennes 2010, Code SAQ :  11635896, 39,50$

Cépage : syrah

On est assurément ici sur quelque chose de plus viril. Odeurs animales et très poivrées. Ce vin de Seyssuel est plus dense que les autres de la maison, avec des saveurs fumées, caramélisées, de fruit mur très concentré. Les tanins sont fermes mais il demeure en trame de fond une pointe d’acidité qui équilibre le tout. Je l’oublierais quelques années en cave.

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Capture d’écran 2014-12-02 à 14.01.28

Sotanum, IGP collines rhodaniennes 2010, Code SAQ :  00894113, 57$

Cépage : syrah

Nez de fruits des champs, mures, framboises, bleuets, acidulés et purs. La bouche est opulente, minérale, d’un fruité discret, accompagné d’herbes fraiches, thym, romarin, avec une bonne fraicheur. Les tanins sont d’intensité modérée. Très bon. Un vin d’IGP qui a l’étoffe des crus les plus prestigieux du Rhône. Mon favori de la gamme des Vins de Vienne.

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