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Courage et humilité à la champenoise

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Il faut du courage et de l’humilité pour soumettre ses vins à un groupe de dégustateurs à l’aveugle au travers de bon nombre de ses concurrents.

J’ai assisté à l’une de ces dégustations récemment. Je m’y suis pointé à reculons. C’est que la dernière fois que je m’étais prêté à ce type d’exercice, c’était pour un producteur industriel australien à la bouteille au kangourou sautillant pour ne pas le nommer. À côté d’un shiraz toasté et pachydermique, on avait dissimulé un Côte-Rôti de belle facture. Contre un chardonnay à saveur de bonbon, on avait opposé, toujours à l’aveugle, un chablis bien correct. Le tout animé par un chroniqueur vin bien en vue qui avait accepté moyennant rétribution du producteur de piloter l’exercice de manière à ce que les dégustateurs aient envie de dire que le kangourou était, contre toute attente, meilleur. Cela avait été un fiasco et je m’étais promis de ne plus me laisser embarquer dans pareil exercice.

Mais j’ai accepté la semaine dernière. Par curiosité. Parce que c’est une réputée maison de champagne qui se prêtait à l’exercice.

C’est le directeur export de la maison qui était sur place au nom de la maison.

Le contenu de neuf bouteilles à l’étiquette masquée nous a été servi.

Bon point pour lui, le directeur export nous a laissé déguster sans passer le moindre commentaire.

Les champagnes étaient tous de passables à bons. Des champagnes d’entrée de gamme souvent un peu trop dosés et sucrés à mon goût. J’ai découvert le champagne il y a pas mal longtemps dans l’Aube, un des départements de la Champagne, en dégustant des noms locaux comme Lassaigne, Senez et Drappier. De très petites et moyennes maisons avec lesquelles j’ai développé un amour pour les bulles à l’acidité tranchante, minérales et vives, à la personnalité forte. Étant donné son prix prohibitif chez nous, il n’y a hélas pas de champagne tous les jours à ma table. Peu des vins de ces maisons format géant s’y retrouveront.

À la fin de l’exercice, discussion.

«Moi, j’ai préféré les numéros 2 et 5, pour leur fraicheur et leur délicatesse, lance un confrère.

-Moi c’était le 7, pour son envergure, son opulence», constate un autre.

Et ainsi de suite, le représentant de la maison écoutant le tout sans broncher.

Roulement de tambour, on dévoile quelle bouteille est la sienne.

Bouteille 3.

Une de celles dont personne n’a parlé.

Dans mes notes, sur ce vin, j’ai écrit «tombe à plat, peu expressif».

Mince. On se sent presque mal pour l’homme.

Lui, ne réagit pas.

Il faut dire que sa grande maison inscrite à la Bourse et distribuée partout dans le monde avait peu à perdre de l’indifférence de quelques blogueurs et chroniqueurs vins de Montréal.

N’empêche, on ne peut que respecter le courage et l’humilité de la démarche qui peut soit faire triompher son produit, soit se revirer contre soi.

Chapeau, maison Laurent-Perrier et M. Walter Cramer.

Par contre, au terme de cette dégustation qui n’a pas présenté sous sous meilleur jour la cuvée Laurent-Perrier brut, on a pu goûter les autres cuvées de la maison présente chez nous. Un rosé croquant et frais aux notes de petits fruits des champs acidulés. Une cuvée Grand Siècle issue des millésimes 02, 99 et 97 d’une envergure et d’une classe dignes de mention, quoiqu’inaccessible.

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Mais j’ai eu un coup de cœur pour la cuvée ultra brut qui, pour 10 $ de plus que le brut, 71,25$ donc, nous transporte complètement ailleurs. Cet assemblage chardonnay pinot noir dégage des arômes subtils de citron et de biscuits petit beurre. La bouche a ce petit côté pâtisserie très classique, mais sans exubérance. C’est surtout vif et bien tendu, minéral, citronné et un brin salin. Pour l’apéro ou les huitres. Voilà qui me parle.

Note à l’attention de la SAQ: il n’en reste plus chez vous. Faudrait y voir.

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