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Bordeaux désaltérant

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LePuy

Vous avez bien lu le titre. J’ai bel et bien associé ces deux mots.

Je ne vous parle pas souvent de Bordeaux, vous en conviendrez. Pas qu’il n’y ait rien à en dire. Mais j’ai une relation ambiguë avec ses vins. Trop de vins lourdauds, surboisés, très tanniques, trop alcooleux, chers et difficiles d’approche si ce n’est pour les meilleurs, au prix de l’attente de plusieurs années de cave. Bref, le bon petit Bordeaux facile, jeune, gourmand, frais, au caractère fort, il est dur à trouver dans notre monopole d’État. Il y a bien les Jaugaret, Falfas, Lagarette, mais ils ne se trouvent qu’en importation privée et certains disparaissent en quelques jours après arrivage.

Parmi ces exceptions confirmant la règle, trouvable presque partout au Québec, il y a le Château le Puy. Propriété de la famille Amoreau, on y travaille en biodynamie depuis déjà très longtemps à Saint-Cibard, en appellation Bordeaux Côtes de Franc, un peu au nord de Saint-Émilion.

 

On y cultive une cinquantaine d’hectares de vigne sur la centaine au total que possède la famille «question de ne pas saturer la terre, de lui permettre de se reposer, de respirer», a expliqué M. Amoreau lors d’une récente visite à Montréal.

Un dîner s’étant amorcé sur des paroles sages: «la principale qualité d’un vin est d’être désaltérant. S’il ne l’est pas, il est défectueux».

Une affirmation qui devait être reprise plus largement dans la région. Et dans bien d’autres du monde. Quant on voit, même sur un millésime comme 2009 qui a donné partout en France des vins affichant des taux d’alcool stratosphériques, que le Puy titre un mince 12,5 %, on comprend la philosophie de la maison.

Bref, nous avons dégusté quelques millésimes de la cuvée classique, la jolie bouteille au goulot recouvert de cire rouge, disponible assez régulièrement en SAQ. Et la splendide cuvée Barthélémy, qui a déjà fait son tour en boutique Signature. Une cuvée d’une profondeur, d’une richesse et d’une envergure époustouflantes considérant la fraicheur et la délicatesse du cru. Un vin sans souffre également. Ceux qui croient qu’on ne peut faire de grands vins qui durent, sans souffre, notez.

Château le Puy, Bordeaux Côtes de Franc 2008, Code SAQ :  00709469, 27,35$

Au rayon de ce que l’on peut trouver actuellement chez nous, il y a ce lumineux le Puy 2008. Millésime peu encensé, mais qui dans ce cas nous donne un vin dont on se régale assurément dès maintenant. Après tout, comme je le dis souvent, les bons vignerons trouveront toujours une façon de bien faire peu importe la difficulté du millésime. Très majoritairement dominé par le merlot, avec un brin de cabernet sauvignon, et une touche de carménère.

Le nez est sur le fruit noir mur, mais pas cuit. Un brin de fraise des champs. Une légère touche de cuir neuf. En bouche, c’est du fruit tendre, une jolie fraicheur, des tanins souples. C’est facile d’approche, ça se boit sans soif. Un Bordeaux de plaisir comme il s’en fait peu. Et pour ceux qui croient que des vins de cette délicatesse ne peuvent vieillir, détrompez-vous. Nous avons goûté le 1995, qui était en pleine forme avec ses notes de figue séchée, de prune, de tabac et d’épices douces, tout en étant toujours porteur d’une vivifiante acidité.

Le millésime 2009, au parfum un peu plus austère, mais à la bouche déjà ouverte, quoi que plus tannique, prendra éventuellement la relève chez nous.

Difficile de trouver mieux dans le Bordelais à ce prix.

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