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Detox d’après les fêtes

Première chronique de l’année après une pause bienfaitrice. Bonne année à tous, d’ailleurs.

Les fêtes sont derrière nous. Les pubs de centres de conditionnement physiques pullulent, pour vous donner l’illusion qu’elles vous aideront à tenir vos sempiternelles résolutions de remise en forme de début d’année.

On entend parler de «detox» d’après-fêtes, et je vois même des amis faire le pari de ne pas boire une goute de vin pour un certain nombre de semaines, au plus grand détriment de leur santé mentale!

Et si, sans s’en priver, l’on buvait plutôt moins de vins trop lourds, trop tanniques, trop concentrés, trop boisés, qui vous virent l’estomac à l’envers?

Pour dorloter votre estomac en ce début d’année après les abus de Ménage à trois et autres bombes sucrées débouchées par votre beau-frère à Noël, je vous en suggère ici des vins plus digestes. Moins alcoolisés. Ou moins travaillés. Plus purs, plus frais.

La plupart sont disponibles en importation privée. Certains seront disponibles maintenant, pour d’autres, vous les réserverez pour le prochain arrivage dans quelques semaines, mais dans tous les cas, ils ne vous feront que du bien.

Les vins singuliers d'Alexis Paraschos

Les vins singuliers d’Alexis Paraschos

Alexis Paraschos (twitter :@ParaschosWines ) , ribolla gialla, IGT Venezia Giulia 2009, 31,13$, caisse de six en importation privée chez Ward & Associés tel.: (514) 290-2079 (disponible maintenant)

Cépage: ribolla gialla

Alexis Paraschos est un jeune vigneron de San Floriano del Collio, dans les montagnes du Frioul, en Italie, une petite bande de terre montagneuse entre Slovénie et mer adriatique. Comme plusieurs vignerons de son village, il pratique une viticulture à peu près naturelle. Tous ses vins blancs sont en fait des vins oranges. C’est à dire qu’il vinifie ses blancs à la manière des rouges. Car si les rouges sont rouges, c’est que le jus macère avec les peaux du raisin, qui le colorent et lui donne ses tanins. Pressez des raisins noirs, et vinifiez sans peau, ça donnera un jus presque blanc. Comme les champagnes blancs issus de pinot noir. Inversement, si les blancs sont blancs, c’est qu’ils sont généralement vinifiés sans contact avec les peaux. Tout ça pour dire que Paraschos, fils d’immigrants grecs, vinifie ses blancs sur peaux. Une technique de plus en plus en vogue, grâce justement à l’impulsion de vignerons du Frioul comme Josko Gravner.

«Mais dans notre village, ce n’est pas une mode, c’est une tradition de faire les vins ainsi», expliquait Paraschos lors de son passage à Montréal l’automne dernier. En résulte donc des vins auxquels les peaux donnent des teintes orangées. Des vins qui, servis dans un verre noir à bonne température, c’est à dire pas trop frais, pourraient confondre des dégustateurs chevronnés qui les prendraient pour des rouges peu tanniques. Paraschos vinifie de cette façon des cépages indigènes locaux, mais aussi du sauvignon blanc et du chardonnay qui se révèlent sous un jour inédit et énigmatique.

Ribolla gialla orange. Quelle couleur!

Ribolla gialla orange. Quelle couleur!

Le ribolla gialla est un cépage local. En vin orange, il présente des arômes de fruits blancs murs, d’abricots, pêche, avec un petit côté pain d’épices.

C’est de toute la gamme celui qui se distancie le moins d’un vin blanc. Il est donc une belle approche pour ceux qui souhaient s’initier aux vins oranges sans être trop déroutés. On perçoit malgré tout de légers tannins, mais on demeure sur le registre des fruits blancs, des épices, auxquels s’ajoutent une minéralité intense et une jolie fraicheur.

La cuvée Kai (aussi en caisses de six, pour 37,40$), issue d’un autre raisin local, le friulano, et du même type de vinification, est plus déroutante. C’est la 2009 qui est actuellement disponible, mais c’est le 2007 que j’ai dégusté.

Le nez nous rappelle quasiment certaines bières blondes au miel. C’est un nez que j’ai perçu récemment avec la bière de saison Dunham Propolis. Ça sent aussi la courge musquée et les épices douces. En bouche, c’est toujours très minéral, délicatement tannique, gouleyant et d’une belle acidité. On oscille entre les petits fruits rouges acidulés et encore cette courge musquée. Je dégusterais justement ce vin avec une viande délicate (filet de porc, poulet) apprêtée avec la fameuse courge.

Domaine Sclavos, Vino di Sasso, robola de Céphalonie 2012, 25,50, caisse de 12 en importation privée chez Oenopole 

Cépage : robola

Personne n’importe d’aussi bons vins grecs qu’Oenopole. Celui-là m’était d’une origine inconnue. Le cépage, blanc, est le robola, et ça vient de l’île de Céphalonie. Ce sont de très vieilles vignes, plantées avant l’épisode de phylloxéra des années 1800 qui a décimé le vignoble européen tout en épargnant quelques iles grecques. Déjà au nez, ça sent la mer ! Le sel, les coquillages, les galets humides. En bouche, on est sur les agrumes, citron et pamplemousse. Minéralité à trancher au couteau, c’est salin, vif. Pour les huitres et les crustacés. Superbe découverte.

La Sœur Cadette, Bourgogne 2012, code SAQ :  11460660, 20,15$

Cépage : chardonnay

Ce vin est presque devenu un classique, mais il est bon de rappeler qu’il existe très peu de bourgognes blancs aussi bons, digestes et pas trop chers en SAQ. Petite société de négoce associée au Domaine de la Cadette, près de Vézelay, une région viticole moins connue de la Bourgogne. Un chardonnay impeccable, à la matière à la fois riche et fraiche. Un nez floral et sur le citron meyer. La bouche fait montre d’une belle tension minérale tout en offrant une petite pointe de gras. L’acidité est modérée. Fruits blancs et finale saline. Un très beau vin avec une chaudrée de poissons et fruits de mer, le saumon grillé, le homard.

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photo 1

Patrick Rols, Le p’tit curieux, vin de pays de l’Aveyron 2007, 21,27$, caisse de 12 en importation privée chez Les vieux garçons (disponible maintenant)

Cépages : cabernet sauvignon et cabernet franc

Quelle belle découverte que j’ai faite récemment, après m’être demandé pendant quelques secondes, «mais c’est où déjà l’Aveyron? Sud-Ouest de la France d’accord, mais plus exactement? Réponse plus précise de Wiki : C’est au nord-est du sud-ouest, dans la région Midi-Pyrennées. Compris? Patrick Rols y cultive quelques hectares de cépages parfois inusités dans ce coin de pays. Cabernets franc et sauvignon, chenin. Le p’tit curieux est un assemblage des deux premiers. Ça a déjà passé quelques années en bouteille, sans prendre une ride. Et vlan pour ceux qui croient que les vins avec peu ou pas de souffre ajouté se fanent trop vite. C’est gourmand à souhait, avec une matière volumineuse aux notes florale, de cassis et de poivron rouge grillé, de fines herbes, aux tanins soyeux. C’est frais, ça se boit tout seul, et ça a malgré tout assez de coffre pour accompagner une cuisine relevée. Pour ma part, je l’ai dégusté avec un poulet à la basquaise. J’aime bien les mariages régionaux, et celui-ci a parfaitement fonctionné.

 Anne-Sophie Dubois, Clepsydre, Fleurie 2011, 38,10$, caisse de six en importation privée chez Importations Syl-Vins, (disponible maintenant)

Cépage : gamay

Jeune vigneronne ne travaillant que sur ce délicat cru du Beaujolais qu’est Fleurie, Anne-Sophie Dubois produit des vins d’une grande élégance et d’une féminité certaine. Elle travaille sans produits de synthèse  à la vigne et ne souffre que légèrement à la mise en bouteille. Ce Fleurie est fait des raisins de très vieilles vignes et affiche une matière un peu plus dense que ce dont on est habitué dans cette appellation. Ça sent bon les petits fruits des champs, les fleurs, les épices. La bouche est à la fois volumineuse et délicate. Le poivre y est très présent. Les tanins sont soyeux et une pointe de minéralité ne lui donne que plus de race. Il est également doté d’une belle acidité. Contrairement aux préjugés injustement tenaces sur le Beaujolais, celui-là pourra aisément être couché quelques années dans votre cave. L’acidité s’estompera et sa typicité n’en sera que plus marquée. Nous ne sommes pas habitués à payer ce prix pour des Beaujolais, mais celui-ci se démarque clairement.

Les vignes d'Anne-Sophie Dubois à Fleurie.

Les vignes d’Anne-Sophie Dubois à Fleurie.

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Domaine Turner-Pageot, Le rouge, Coteaux-du-Languedoc 2010, 28,51 $, caisse de six en importation privée chez Raisonnance (à venir) 

Cépages : grenache, syrah

Ce n’est pas la première fois que je vous parle de ce domaine du Languedoc qui ne fait rien comme les autres, par exemple produire dans une des régions les plus chaudes de France un sauvignon blanc, avec macération sur peaux! Je ne vous ai jamais parlé de ses rouges. Celui-là est à la fois puissant, mais délicat et tout à fait digeste. Cela peut sembler contradictoire, mais je m’explique. Les tannins nous signalent bien leur présence virile. Cependant, on ne ressent aucune lourdeur, car le fruit est pur, et non trop mur, donc sans lourde sensation sucrée, et il présente une belle acidité. Voilà le secret. Un vin peut être puissant et digeste, si le raisin n’est pas récolté en surmaturité, présente donc de l’acidité, et n’est pas trop maltraité à la vinification. C’est une notion qui confond souvent les buveurs qui disent aimer les vins puissants mais qui boivent plutôt des vins lourds, hyper fruités, sans acidité. Bref, amateurs de ces gros vins, ce rouge aux notes de fruit noir, de tomates et de balsamique, vous transportera ailleurs et vous fera découvrir qu’un vin puissant n’est pas forcément lourd et indigeste. Puissant, mais frais. Équilibré quoi!

photo 2

Domaine de la Pinte,  Poulsard de l’ami Karl, Arbois 2011, 28,61 $, caisse de six en importation privée chez Raisonnance

Cépage : poulsard

Courte description, ce qui ne me ressemble pas,  parce que tout simplement, c’est bon! Cépage rouge typique du Jura, à la robe légère (peu colorée), mais au caractère intense. C’est frais frais, ça goûte les petits fruits des champs acidulés, c’est épicé, marqué par la minéralité du sol d’où il provient. Acidité vive. Buvabilité extrême. Simple, bon, à boire sans se casser la tête avec les charcuteries, une pizza, les mijotés d’hiver.

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Domaine Alary, Tradition, Cairanne Côtes du Rhône villages 2011, 26,85 $, caisse de six en importation privée chez Actuel-Réalisation

Cépages : grenache, syrah, carignan

Probablement le vin le plus classique de cette série. Il en faut! Cairanne est l’un des villages pouvant apposer son nom devant l’appellation Côtes du Rhône villages. Dominé par le grenache, il offre un nez riche de fruits noirs murs, et non confiturés, comme le bleuet, le cassis. L’olive noire aussi. Un peu d’épices douces, cardamome entre autres, et des fines herbes. La bouche est riche, opulente, mais encore une fois, sans lourdeur, car ce vin aux tannins fermes, très épicé, est aussi doté d’une belle fraicheur. On est sur du fruit mur, et c’est très long. Gourmand, équilibré et charmeur.

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