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Bières importées pour ceux qui en ont marre de la Heineken

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Je vous parle souvent de vins disponibles en importation privée. Mais l’achat de bières en importation privée est aussi une tendance à la hausse, quoi que plus marginale que pour le vin.

(Notes de dégustation au bas du billet)

Pour une raison qui m’apparaît simple : les bonnes bières produites au Québec pullulent. Les micro-brasseurs se font de plus en plus nombreux et l’audace dont ils font preuve fait en sorte que la diversité de bières locales est impressionnante. Les amateurs se tournent donc avec raison vers l’achat local. Et c’est très bien ainsi. Mais l’amateur curieux dont je suis, tout en se régalant de ce qui se fait ici, aime bien savoir ce qui se fait ailleurs. Et de ce côté, tant en dépanneur qu’en SAQ, on est, sauf quelques exceptions, que moyennement bien servi avec une offre tournant surtout autour des très grandes brasseries industrielles du monde.

Voici donc comment trouver des bières importées qui sortent des sentiers battus. En importation privée, comme le vin. Il y a quelques agents importateurs de vin qui importent de la bière, puisque ça fonctionne exactement de la même façon, le vin et la bière. Un importateur passe une commande. La SAQ récupère le produit chez le producteur, l’importe au Québec, l’entrepose au Québec, et le livre aux clients qui passent une commande chez l’importateur, dans la succursale de la SAQ la plus près de chez eux. Il y a aussi des clubs ou agents spécialisés en bières, comme les Importations privées Bieropholie ou Bières d’outre mer, via le site Web Québec bière info. J’en oublie certainement. Si c’est le cas, vous pouvez les nommer dans les commentaires au bas de ce texte. En gros, les membres du club se regroupent pour choisir des produits à importer et à une date butoir, on commande pour ceux qui se sont inscrits. La seule difficulté de ce dernier mode d’achat, c’est qu’il faut être patient! Car une fois la commande passée à la SAQ, il se peut que trois mois s’écoulent avant que les bouteilles soient disponibles au Québec. Mais l’important, c’est que ça marche. Et l’attente ne rend que plus savoureuses les quilles tant espérées.

Je me suis récemment procuré quelques bouteilles via deux agences d’importation qui travaillent avec le vin comme la bière.

Michel Brouillette, de l’agence Actuel Réalisation, me racontait que très peu de ses clients achetent à la fois de la bière et du vin. «Ils sont 5% environ à s’intéresser aux deux. Les autres achètent un, ou l’autre», dit-il.

Chaque produit a son public. Ce qui m’étonne peu mais me déçoit aussi.

Après tout, les «tripeux» qui poussent la curiosité jusqu’à magasiner au-delà des rayons de la SAQ pour commander des vins ou des bières en importation privée, ne poursuivent-ils pas au fond la même quête? Dénicher des produits originaux, qui sortent des sentiers battus, souvent le fruit du travail de petits producteurs qui tournent le dos à la production de masse? Et cela, on le retrouve dans la bière comme le vin, qui sont ultimement deux produits agricoles naturels et de grand qualité.

D’ailleurs, et je dérape un peu avant de revenir dans le droit chemin, je déplore qu’il n’y ait pas suffisamment de restaurants ou de bars qui apportent le même soin à leur carte de vins et de bières. On a souvent des restos qui nous présentent une volumineuse carte de vins déjantés de petits producteurs, et si par hasard on décide qu’on veut une bière à l’apéro, c’est pratiquement le désert. L’inverse est aussi vrai. Les bars à bières digne de ce nom ont toujours quelques vins sur la carte pour accommoder les membres d’un groupe qui sont moins bière, mais en général, la qualité de ces vins est navrante.

Il y a beaucoup de travail à faire, donc.

Le premier resto à ouvrir avec une carte aussi spectaculaire sur les deux tableaux, et qui proposera des accords vins ou bières et mets fera de moi un client assidu (et me versera une commission en liquide pour l’idée, j’espère). Car au fond, un vrai curieux suivra toute recommandation d’un sommelier qui propose de le dérouter. Et la bière, comme le vin, est une merveilleuse compagne des plats, même les plus gastronomiques. En voici d’ailleurs une preuve ici.

Je reviens à l’idée principale de ce billet : voici quelques trouvailles que j’ai faites en importation privée de bières. Je vous met en garde pour deux choses. Primo, si vous êtes du genre à chercher quel dépanneur annonce vendre sa bière au prix minimal permis par la loi, voilà qui n’est pas pour vous. On par ici de bières à déguster, méditer, apprécier. Deuxio, si j’adore la bière, son langage m’est moins familier que celui du vin. Je la déguste et la décrit dans un vocabulaire peut-être plus vineux qu’houblonneux. Mille excuses aux puristes.

Brouwerij de Molen, Bodegraven, Pays-Bas, disponibles via l’agence Actuel Réalisation 

Plusieurs bières de cette micro-brasserie habituée de faire belle figure dans le palmarès des brasseries du monde du site Ratebeer.com (comme les brasseries Dieu du Ciel et Charlevoix, du Québec, d’ailleurs.) sont couramment importées par Actuel réalisation, une agence au portfolio hétéroclite de vins, surtout du Rhône, et de bières. Des caisses de 24 pour les bouteilles de 330 ml et de six pour les quilles de 750 ml. En voici quelques unes.

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-Bock, 112,80$, caisse de 24 : un bière de saison, brassée une fois par année et différente chaque fois. Je vous décris l’actuelle, mais si vous en achetez une, c’est sera probablement une autre ! Bière ambrée de type Dunkler bock. Liquide d’une jolie couleur cuivrée. Col de mousse énorme et crémeux, de couleur caramel. Bière très effervescente parfaitement équilibrée entre des saveurs fumées, de caramel amer, un brin salé, et une légère amertume, pas trop tranchante. Une bière de soif complexe.

-Amarillo, 153,60$, caisse de 24 : un double IPA dont l’importateur, Michel, m’a dit qu’elle était parfois celle qui séduit les amateurs de vins qui lève le nez sur la bière. Couleur rappelant le scotch ou de vieux vins moelleux très évolués. Belle fraicheur, délicate amertume, notes d’abricots, de pêches, de coings, de miel, avec de légères épices. Matière onctueuse. Très riche et séduisante. Une bière de méditation. 9,2% d’alcool.

-Tsarina Esra, 226,56$, caisse de 24 :  bière noire de type porter impériale. Le brasseur dit d’elle qu’on peut la laisser vieillir 25 ans. Pour l’instant, c’est une bière à la fois puissante et élégante, au nez boisé et fumé. La bouche va de la mélasse au café noir, en passant par les pruneaux séchés et la réglisse. Amertume bien perceptible, mais l’ensemble étant si remarquablement complexe et équilibré, elle ne détonne pas trop. Tout comme le ronflant pourcentage d’alcool, 11, est à peine perceptible au goût.

Domaine Meinklang, Unkorn ale blonde , Pamhagen, Autriche, 108 $, en caisses de 24 à l’agence La QV 

Meinklang, c’est d’abord un domaine viticole autrichien collé à la frontière hongroise. Un domaine travaillant en biodynamie. Et comme plusieurs biodynamistes, les propriétaires du domaine croient que la diversité culturale est essentiellement à l’équilibre d’un écosystème. Ainsi, outre la vigne, on cultive des fruits, on élève des vaches, et aussi, du grain, le einkorn, une très ancienne variété de blé. On a décidé de s’adjoindre les services d’un maître brasseur de Salzbourg Reinhold Barta et d’installer la première brasserie certifiée «biodynamique» sur les rives du lac Neusiedler. En résulte cette bière blonde, un peu trouble, au nez de céréales, d’herbes fraiches. La bouche est toute en fraicheur, bien équilibrée entre une acidité bien marquée et un petit côté mielleux. Un fruité léger, des épices vivifiantes. C’est simple, à boire sans soif, mais drôlement original comme achat.

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Brasserie de la Pigeonnelle, Loirette, Céré la Ronde, France, 108 $, en caisses de 24 à l’agence La QV 

Une autre trouvaille de Cyril Kérébel, que cette petite brasserie de Touraine, en Loire. On connaît plutôt mal les bières de France. Celle ci est une agréable ale ambrée, assez riche avec des effluves de caramel à la fleur de sel, d’épices et de céréales grillées. Sa complexité et sa matière en font une bière qui n’est pas que désaltérante, mais pourrait accompagner le repas. Des ailes de canards croustillantes sucrées et salées, entre autres.

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