Flux RSS

La touche trifluvienne des vins de Pithon

Je vous parlais récemment du vigneron Olivier Pithon, dans le Roussillon. Je vous disais que sa cuvée Laïs rouge était un des arrivages les plus rafraichissants des derniers mois sur les tablettes de notre monopole d’État.

Cela fait un bon moment que je me délecte des vins de ce petit domaine de Calce qui travaille en biodynamie, car toute la gamme est disponible depuis quelques années en importation privée à l’agence Planvin. Malgré cela, j’en ai appris encore un peu sur le domaine récemment. Saviez-vous qu’une partie du succès de Pithon est attribuable à une trifluvienne?

photo 2

Émilie Gendron

Émilie Gendron était partie pour un long voyage en Europe. Elle s’est accrochée les pieds dans une école d’œnologie et ça y est, elle n’est plus jamais revenue.

«Je m’occupe du volet commercial du domaine, mais je travaille aussi à la taille des vignes, à la cave, lors des assemblages. Nous sommes deux, Olivier et moi, plus un autre employé parfois, alors on fait un peu de tout», raconte la jeune femme qui était récemment de passage à Montréal.

«Je ne connaissais à peu près pas les vins du Roussillon avant de découvrir ceux d’Olivier. Je me suis rendue compte que c’était un terroir très riche, très varié, avec plus de personnalité que bien des appellations plus connues dans le Languedoc à côté», dit-elle.

Quand on pense aux vins de cette région, on a souvent en tête des jus chauds, gourmands, au fruit confit. Bons mais lourds. Rarement les mots aérien, frais, délicat, nous viennent en tête pour les décrire.

Mais ils collent à perfection aux vins de Pithon, dans la lignée d’un groupe de jeunes et petits producteurs du coin qui en revampent l’image, comme le Domaine de la petite baigneuse (disponible chez Primavin), le Domaine Matassa (disponible chez Insolite) le Domaine du Bout du Monde d’Édouard Lafitte ou celui de Jean-Philippe Padié (disponibles chez Glou). La voie leur avait été pavée par le mentor de la région, Gérard Gauby, dont on trouve plusieurs cuvées en SAQ.

«Un des secrets, c’est que nous vendangeons souvent près de deux semaines avant presque tout le monde, ce qui permet de faire des vins plus en fraicheur et plus digestes. Comme nous ne sommes pas nombreux, nous vendangeons en équipe avec notre voisin, Jean-Philippe Padié, chez lui et chez nous», raconte Émilie.

Voici trois vins, outre le Laïs rouge, qui sont disponibles en importation privée chez Planvin, qu’on contacte par courriel : planvin@videotron.ca . À noter qu’une cuvée haut de gamme, la D18 (numéro de la route départementale qui serpente cette parcelle de vigne très escarpée), un blanc en Indication géographique protégée (IGP) Côtes Catalanes, est aussi disponible. Issu de grenaches blanc et gris longuement vinifiés et élevés en cuves de bois, c’est riche et tout à fait hors norme. Je n’ai pas goûté le millésime du moment, mais j’en garde un de mes souvenirs de dégustation les plus intenses.

photo 1

Mon p’tit Pithon blanc 2012, IGP Côtes Catalanes, 23,49$

Cépages : macabeu, grenaches gris et blanc

Jeunes vignes, élevage en cuves, pas trop long. Fruits blancs, petites fleurs, une agréable salinité, une légère acidité. Jeune, fringuant, gouleyant, à boire sous le soleil ou avec des poissons et crustacés simplement relevés de quelques herbes fraiches. Du bonheur.

Mon p’tit Pithon rouge 2012, IGP Côtes Catalanes, 23,49$

Cépage : grenache noir

Comme le blanc, c’est un vin tout en simplicité, de jeunes vignes, à boire sans soif pour s’accrocher un sourire au visage. Ce qui ne veut pas dire que le vin est mince, au contraire, c’est un cocktail de petits fruits des champs, bleuets, mures, framboises, légèrement acidulés et épicés. Belle fraicheur, et belle longueur en bouche également. Tanins souples.

Cuvée Laïs blanc 2011, IGP Côtes Catalanes, 31,69 $

Cépages : macabeu, grenaches gris et blanc

Bon, je vous l’ai déjà raconté. Laïs, c’est l’emblématique vache jersiaise qui pait à travers les parcelles de vigne d’Olivier Pithon et dont on dit qu’elle a de si beaux yeux qu’elle s’est méritée le nom d’une cuvée. Même assemblage ici que le p’tit Pithon blanc, mais vignes plus vieilles, vinification et élevage plus long et en barriques ou demi-muids de 600 litres. C’est riche et puissamment minéral. Il y a du fruit blanc, pêche et poire, mais aussi des notes fumées. On perçoit l’élevage sous bois, mais c’est tout délicat et ça ne fait qu’ajouter à la complexité du vin sans empiéter sur le reste. Fraicheur, tension et équilibre remarquables. Un grand vin de gastronomie pour le homard, les poissons bien travaillés.

N'a-t-elle pas effectivement de beaux yeux, la vache d'Olivier Pithon? Photo: site Web d'O. Pithon

N’a-t-elle pas effectivement de beaux yeux, la vache d’Olivier Pithon?
Photo: site Web d’O. Pithon

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :