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Vins racés, sérieux, aériens, introuvables et parfois un peu maquillés

Publié le

Sans plus de préambule, les recommandations de la semaine!

Blanc!

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Terre RougeSierra Foothills 2007, Code SAQ :  11691273, 28,50$

Cépage : roussanne

J’adore la roussanne et les blancs racés et puissants qu’elle peut donner, généralement dans les appellations du Rhône. Voyons voir comment l’excellent domaine Terre Rouge s’est débrouillé avec ce cépage dans les Sierra Foothills. Le nez est plein, comme on s’y attend. Chèvrefeuille, herbe fraichement coupée, thé vert, du fruit exotique, melon miel, kiwi, et plus subtilement, des notes mielleuses et vanillées.  Ouf! Beaucoup de matière. L’enjeu lorsque l’on produit de tels vins, est d’arriver à maintenir leur équilibre. Une belle réussite ici car la bouche est plus précise. Grasse et ronde à l’attaque, la tension s’installe ensuite et on perçoit une belle acidité en finale. Le fruit n’y est pas aussi exubérant qu’au nez. Fines herbes et épices dominent, et un boisé fin signale sa présence en trame de fond. C’est un vin de gastronomie, et non à boire seul. Homard mayonnaise ou avec une sauce aillée, fromages bien relevés, pintade rôtie bardée de lard ou foie gras lui feront selon moi de bons partenaires.

Château Bertinerie, Blaye Côtes de Bordeaux 2012, Code SAQ :  00707190, 16,75 $

Cépage: sauvignon blanc

Ça sauvignonne déjà pas mal au nez (buis, pamplemousse…), mais sans disgrâce aucune. On est loin des caricatures de ce cépage que nous offre parfois le Nouveau-Monde! En bouche, c’est frais, vif, salin, sur des notes de fruits blancs, melon, papaye et herbes fraiches. Un petit vin de plaisir estival pour l’apéro, des plats de crustacés servis le plus simplement du monde, ou une salade au chèvre frais et fines herbes. Bon rapport qualité prix.

Château-Fuissé, Saint-Véran 2011, Code SAQ : 00964908, 24,25$

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Cépage : chardonnay

Je vous ai récemment parlé du Pouilly-Fuissé de cette maison mâconnaise, et voilà donc que je récidive avec le Saint-Véran. Celui-ci est moins opulent et plus tendu que l’autre. On sent dans le verre des effluves de rhubarbe fraiche légèrement macérée dans le sucre, des arômes de fleurs, et une très légère touche vanillée. La bouche est toute en fraicheur et en fruits blancs comme la poire et la pêche blanche. Une touche de salinité et de minéralité. Un très beau bourgogne blanc facile d’approche et néanmoins complexe, pour accompagner votre dernière prise, en lac comme en mer!

Rouge !

Clos Bagatelle, Les Jardins de Bagatelle «les petits bonheurs», Saint-Chinian 2012, Code SAQ :  11975209, 14,95$

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Cépage: syrah (60%), Grenache (40%)

Cette accrocheuse étiquette qui vient de faire son apparition sur les tablettes de notre monopole ne vous dépaysera peut-être pas trop, puisqu’il s’agit en fait d’une variation sur un thème bien connu des Québécois. Cette petite cuvée du Clos Bagatelle est appelée à remplacer la cuvée tradition que l’ont connaît depuis un moment. On a remplacé l’étiquette sobre par une nouvelle qui suggère un vin de plaisir, un vin facile, convivial. Dans l’air du temps quoi! Mais voyons au-delà de ce détail cosmétique ce que ce cette bouteille a dans le ventre. Le nez dégage des effluves de petits fruits noirs murs, mais pas confits, et d’herbes de la garrigue. La bouche poursuit dans cette veine. C’est une petite bombe de fruit, légèrement épicée, aux notes de balsamique, simple (on ne lui en demande pas plus à ce prix!) et gouleyante. Un bon vin passe-partout pour l’été, les saucisses sur le grill, les pizzas ou les plateaux de charcuteries.

Henry Marionnet, Première vendange, Touraine 2012, 24,85$, en caisse de 12 (en importation privée chez LBV International. Mode d’emploi ici! ou contactez Marguerite, ici: marguerite@lbvinternational.com )

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Cépage: gamay

C’est toujours avec un mélange de curiosité, de hâte et de scepticisme que j’appréhende la dégustation de vins de grandes maisons qui font le choix de se lancer dans l’aventure des vins dits «natures». Ces vins généralement issus d’une agriculture qui s’apparente plus à du jardinage qu’à de la viticulture classique, vinifiés sans souffre et sans produits de synthèse, sont en général le fruit du travail de domaines de taille modeste. Car l’homme ne peut ici synthétiser son travail et celui de la nature par la chimie. Faire ce type de vin requiert une charge de travail et des risques que les grands domaines refusent souvent de se permettre. La maison fondée par Henry Marionnet, en Loire, n’est pas une géante du vin, mais c’est aussi loin d’être une petite joueuse, le gamay régulier du domaine de la Charmoise, propriété de 60 hectares, étant régulièrement disponible en SAQ. Un portion de sa production est tout de même réservée à la production de vins sans souffre depuis longtemps. Cela donne la cuvée Première vendange, un gamay de Touraine vinifié sans apport de levures autres que celles présentes sur les raisins, sans ajout du souffre généralement utilisé pour stabiliser les vins, sans filtrage ni collage. Le nez est très typiquement gamay. Un beau fruit noir, pur, des notes florales et de sous-bois. La bouche est aussi toute en fruits acidulés, en épices. C’est frais, les tanins sont presque imperceptibles, ça coule tout seul. Ce n’est pas tant par la surenchère de termes pour le décrire qu’on peut raconter ce vin qu’en vous parlant du plaisir simple et sans fin que procure ce jus gouleyant. Un vin de soif de haut niveau, à boire jeune, pour accompagner des plats simples. Ce type de vin n’est heureusement plus une rareté au Québec, de nombreuses agences dynamiques en proposent, en importation privée, parce que ces vins ne peuvent généralement faire leur chemin jusqu’aux rayons de notre société d’État du vin en raison de leur trop faible concentration en souffre, ces fameux sulfites!

Château Montfaucon, Baron Louis, Lirac 2010, Code SAQ :  10936620, 24,95$

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Cépage : Grenache (55%), syrah (15%), cinsault (15%), carignan (10%), mourvèdre (5%).

Bon vin typique de ce cru situé sur la rive droite du Rhône en face d’un certain Châteauneuf-du-Pape. Ça sent la cerise et le chocolat noir amer. On y goûte. Du fruit noir, figues et olives. Des épices. Un boisé élégant. De la mâche. Des tanins bien sentis. Mais malgré tout, c’est sans lourdeur, bien équilibré, et très gourmand. Pour la bavette grillée ou les côtelettes d’agneau braisées.

Arianna Occhipinti, SP68, Sicilia 2012, Code SAQ :  11811765, 25,20$

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Cépages : nero d’Avola, frappato

J’ose vous recommander un vin que je n’ai même pas goûté, car je sais qu’il disparaît déjà vite des rayons des succursales de la SAQ. C’est déjà bien que le monopole fasse une petite place à ce genre de vin… Elle est toute jeune, mais le nom d’Ariana Occhipinti a presque déjà atteint le statut de culte auprès des amateurs de vins natures. J’ai bu récemment une bouteille du 2010 de ce SP68, qui est le nom d’une route départementale qui sillonne le vignoble sicilien, et borde le petit lopin de terre de la Dame. Ce vin élevé en cuve, qui n’a jamais vu de barrique, est tout en fruits rouges, en épices et en minéralité. Il est d’une délicatesse aérienne que l’on retrouve rarement dans les vins rouges de Sicile. Ce n’est pas un bien grand risque à courir que de vous procurer quelques 2012. Vous m’en redonnerez des nouvelles.

The Old Third vineyard, Prince Edward County (Ontario) 2008, 35 $. (millésime actuellement disponible: 2010, 45 $)

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Cépage: pinot noir

Je conclus avec ce petit bonheur. C’était en 2010. Je visitais Prince Edward County, région viticole située sur une presqu’île dans le lac Ontario près de Kingston. Région surtout connue pour les dunes de son parc de Sandbanks. J’y avais rencontré Bruno François, jeune vigneron qui a grandi en Ontario, dans une famille française pas du tout impliquée dans le vin. Il démarrait son petit domaine sur le chemin Old Third à Hillier, d’où le nom de son domaine. Il n’y a planté que du pinot noir. 2008 était son premier millésime, ses vignes n’avaient que trois ans, si ma mémoire est bonne. J’avais trouvé que c’était du pinot fichtrement mature pour une vigne si jeune. Faut croire que le pinot et François partageaient déjà une relation particulièrement harmonieuse sur cette courte pente escarpée. Je le trouvais en revanche encore un peu acide et me disais que je le laisserais s’assagir quelques années en bouteille. La semaine dernière, sur la plage, près du feu, j’ai débouché une première bouteille. Ce vin avait passé plus d’années en bouteille que l’âge de la vigne dont il est issu. L’acidité s’était tempérée. On a là un pinot de belle race, qui joue sur l’élégance, la délicatesse, l’esprit des lieux, qui se boit sans réelle soif, et procure de belles sensations. On ne produira jamais une Romanée Conti à quatre heures de Montréal. Mais force est de constater qu’on a là quelque chose d’assez grand, et que je n’ai pas bu des centaines de pinot me procurant ce plaisir hors de la Bourgogne. Il faut aller là-bas et visiter Bruno, et tous les autres vignerons du coin, pour s’en procurer. Mais ça vaut le coup!

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