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Boire les plus grandes familles du monde (attention, contenu à faire rêver!)

Publié le

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***Mise en garde, cette longue chronique ne vous aidera pas à choisir quel vin boire le mardi soir avec votre spaghetti bolognese. Elle risque en revanche de vous faire rêver et saliver abondamment! Suggestions tout au bas!

On a beau se dire que le nom inscrit sur une bouteille ne nous influence pas. Que nous ne sommes pas des buveurs d’étiquettes.

J’ai généralement plus de plaisir à vous faire découvrir les vins d’un petit producteur déjanté que je ne connaissais peu ou pas qu’à vous rapporter mes impressions du nouveau millésime d’un grand producteur mille et une fois commenté. Je le fais malgré tout, évidemment, question d’équilibre et parce qu’il y a, à défaut de grandes surprises, du solide, chez les grands!

Tout ce long préambule pour vous expliquer que lorsqu’on reçoit une invitation à une dégustation somptueuse réunissant les dirigeants de Vega Sicilia, du Château Mouton Rothschild, de Sassicaia et de chez Pol Roger, qu’on nous promet une dégustation de millésimes passablement âgés de leurs top cuvées, accompagnés d’un repas préparé par la brigade de Normand Laprise au Toqué!, les jambes fléchissent malgré tout un peu, et on ne peut faire autrement que de déplacer tout engagement déjà pris pour cette heure de grâce. Même les plus cruciaux.

Pourquoi? Parce que même pour des gens dont le métier est de déguster des vins, goûter à ceux-là n’est pas courant. Et tous les avoir ensemble, avec leurs producteurs, accompagnés d’un repas, avec la possibilité de les goûter, passer au suivant, revenir au précédent pour comparer, c’est rarissime. Et aussi parce boire ces vins, c’est toucher à une histoire parfois millénaire.

Est-ce dire que le grandiose de la chose brouillera notre esprit critique? Non. Certains vins ne m’ont pas procuré de grandes émotions, et certains très attendus, quoique remarquables, ont été éclipsés par des crus inattendus.

Cette dégustation, c’était celle du groupe Primum Familiae Vini (PFV), un regroupement de 11 entreprises viticoles qui ont un point commun : elles sont toutes des propriétés familiales depuis plusieurs générations (26 générations dans le cas des Antinori!), et produisent certains des vins les plus prestigieux du monde.

La liste des membres est impressionnante.

France

Champagne Pol Roger, Champagne

Joseph Drouhin, Bourgogne

Famille Perrin, Rhône

Hugel et Fils, Alsace

Château Mouton Rothschild, Pauillac

Espagne

Torres, Penedès

Vega Sicilia, Ribera del Duero

Portugal

Symington Family Estates, Porto

Italie

Marchesi Antinori, Toscane

Tenuta San Guido, Bolgheri

Allemagne

Egon Müller-Scharzhof, Mosel

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Rupert Symington, Miguel Torres, Étienne Hugel, Alessia Antinori, Julien de Beaumarchais de Rothschild, Laurent Drouhin, Priscilla Incesa della Rocchetta, Pablo Alvarez, Egon Muller, Hubert de Billy et Thomas Perrin.

Le groupe a été fondé en 1991 par Miguel Torres et Robert Drouhin, qui souhaitaient ainsi créer un groupe de leaders dans la promotion de l’entreprise viticole familiale, à l’heure où l’hectare de vigne se vend dans les grandes régions productrices à un prix prohibitif. Résultat, les grandes entreprises qui n’ont rien à voir avec la viticulture soigneuse, mais plus avec la satisfaction de leurs actionnaires achètent de plus en plus de domaines.

«Nous sommes un peu la dernière ligne de défense contre la mode corporative du vin», expliquait Rupert Symington.

Le grand Miguel Torres a évoqué les dangers qui peuvent guetter les propriétés familiales qui, pour continuer de croître, décident de se lancer sur les marchés boursiers. Il a cité au passage le nom du Californien Robert Mondavi, ancien membre des PFV qui a pris cette avenue.

Évidemment, ces entreprises familiales sont loin des petites propriétés viticoles ou un couple et ses enfants assument à la fois les rôles de propriétaires, vendangeurs, tailleurs, vignerons, vinificateurs et vendeurs!

Ils tiennent une dégustation comme celle-ci, qui a eu lieu il y a quelques semaines à Montréal, une fois par année dans une grande ville du monde.

La première portion était une dégustation d’un vin de millésime récent de chaque producteur, qui sont ou seront prochainement disponibles en SAQ. Ensuite, avec le somptueux repas, nous avons eu droit à des millésimes passés des meilleurs crus de chacun.

À table, j’avais la chance d’être assis entre Pablo Alvarez de Vega Sicilia et Priscilla Incisa della Rocchetta, de la Tenuta San Guido. Inutile de vous dire que ce ne fut pas banal. M. Alvarez est économe de ses mots. On le croit au début hautain, mais on se rend compte en discutant que c’est l’inverse. L’homme aime voir son vin délecter ceux qui le boivent, mais il veut lui laisser toute la place. Il fallait le voir se faire tirer l’oreille pour aller devant l’audience parler de ses vins. Ce joyeux personnage est aussi l’importateur exclusif pour l’Espagne des vins du Domaine de la Romanée-Conti, en Bourgogne! Rien de moins!

Mme Incisa della Rocchetta est faite de la même humilité même si son Sassicaia est un des vins les plus adulés d’Italie. «Au départ, nous avons fait ce vin pour plaire à la famille, sans plus», explique-t-elle.

Le menu concocté par Normand Laprise et Charles-Antoine Crête se passe de commentaire!

Le menu concocté par Normand Laprise et Charles-Antoine Crête se passe de commentaire!

Évidemment, peu de vins parmi ceux dégustés se retrouveront sur votre table de façon courante. Plusieurs sont hors de prix, doivent passer des années en cave, et en être sortis pour des occasions uniques. Mais plusieurs en valent la peine. En revanche, presque toutes ces grandes maisons produisent des vins d’entrée de gamme disponibles régulièrement en SAQ à des prix corrects. Pensons notamment aux Hugel, Antinori, Torres et Perrin, pour ne nommer que ceux-là, dont plusieurs produits irréprochables sont vendus à prix d’ami. Vous n’avez qu’à entrer leur nom dans l’engin de recherche du site Web de notre monopole pour en trouver la disponibilité.

Je ne commenterai pas tous les vins bus ce jour-là, et me contenterai de mes coups de cœur en rouge et en blanc. Il est aussi étonnant de découvrir que les vins les plus chers ne sont pas forcément les mieux placés dans mon classement. Vous remarquerez qu’aussi grandiose et classique était le Mouton-Rothschild 1999, vendu 745 $ en SAQ, quatre vins se sont glissés devant lui dans mon classement, dont un vin presque cinq fois moins cher. C’est ça, le vin! Des surprises et des préjugés brisés.

Top 4 blanc

Famille Perrin, Château de Beaucastel, Châteauneuf-du-Pape, roussanne Vieilles Vignes 2009

Cépage : roussanne

Quel blanc époustouflant ! On trouve trop peu de vins issus à 100% de ce cépage rhodanien qui, lorsque bien travaillé, donne des vins d’une charpente et d’une complexité inégalable. En voici la quintessence. Issu de vignes plantées en 1922, cultivées en bio, le raisin est récolté en légère surmaturité. Encore très (trop) jeune, il présente au nez des arômes fumés, de mangue et de pêche mures, de thé et d’épices. La bouche est d’une rare envergure. C’est puissant, gras, on y décèle presque de légers tanins, comme dans les vins rouges, ce qui vient de la peau des raisins, mais qu’on ne retrouve pas dans les blancs. On est évidemment sur des saveurs de fruits très murs, de tilleul, d’écorce d’orange confite. Mais une intense minéralité et une acidité tout de même bien présente équilibrent le tout et empêche ce colosse d’être lourd. On ne boit pas cela seul, c’est un vin de grande gastronomie.  J’y marierais une viande délicate, de la volaille, et des truffes. Rien de moins.

On trouve encore dans quelques succursales québécoises des 2002, au coût de 175$. Cela doit être intéressant à découvrir après le passage d’une dizaine d’années. Le 2010 a été disponible dans une récente édition du courrier vinicole, mais il est hélas épuisé. «C’est un blanc que mon grand-père a conçu pour le vieillissement», explique Thomas Perrin.

Hugel et Fils, Jubilee 2007 et 1982, Alsace

Cépage : riesling

On connaît bien les vins de Hugel, qui sont nombreux sur les tablettes de notre monopole, du Gentil aux riesling, gewurztraminer et pinot noir, et autres cuvées plus nobles. C’est un très vieux domaine dont l’histoire fascinante au fil des redécoupages territoriaux entre France et Allemagne est brillamment racontée dans l’ouvrage La guerre et le vin, que je vous invite tous à lire. Mais nous n’avons pas LA grande cuvée, le Jubilee, qui est un riesling issu du grand cru Schoenenbourg. Nous avons d’abord goûté le 2007. Nez de fleurs, de végétation de sous-bois après la pluie, d’agrumes, de pomme, et de pétrole, une caractéristique minérale que l’on trouve souvent chez les jeunes et grands rieslings. Mais rien de ça en bouche, qui est subtile, sur les fruits blancs, pomme cuite et poire, et qui est marquée par une forte minéralité et une acidité vivifiante en finale. Complexe, délicat et parfaitement équilibré. Déjà bon, mais ça peut vieillir. Nous avons aussi eu la chance de goûter cette même cuvée, sur le millésime 1981. Le pétrole y était disparu du nez, qui sentait plutôt la compote de pommes et la menthe fraiche. Légère oxydation en bouche, le fruit est plus effacé que chez le jeune et remplacé par les herbes et les épices. On y décèle encore de l’acidité. Très élégant. Le Jubilee devrait être disponible au Québec vers la fin de l’année. Il se détaillera entre 40 et 50 $. À surveiller!

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Pol Roger, Brut Réserve, champagne 2002Code SAQ : 11856103, 94$

Cépages : chardonnay, pinot noir

Quel bon vivant que cet Hubert de Billy, qui est venu nous parler de ses vins chez Pol Roger ! N’hésitant pas à corriger Julien de Beaumarchais de Rothschild, de Mouton-Rothschild, qui venait de rappeler que la modération a meilleur goût, en début de dégustation. «Je ne suis pas trop pour la modération», a ironisé M. de Billy. Un vrai champenois quoi ! Son brut réserve 2002 et un grand classique, nez invitant de feuilles d’arbres séchées, d’épices douces, d’amandes, légèrement fruité et beurré. La bouche est élégante, vineuse, toute en fraîcheur et en équilibre entre l’acidité et la douceur. Disponible un peu partout dans le réseau, en différents formats et millésimes. Nous avons aussi eu la chance de goûter la grande cuvée Sir Winston Churchill 2000. Nommé ainsi car c’était le vin favori du grand premier ministre anglais. Nous l’avons dégusté en apéro, mais il a la stature pour la table. Très grand vin ! Mais le premier l’emporte au chapitre du rapport qualité-prix.

Egon Müller-Scharzhof, Scharzhofberger auslese, Goldkapsel, Mosel 2010

Cépage : riesling

Quelle découverte! La grande révélation de cette dégustation des PFV! C’est un riesling Auslese, c’est à dire récolté alors que le botrytis a légèrement attaqué le raisin, ce qui lui profère des arômes délicatement sucrés. Comme souvent dans cette Allemagne aux appellations incompréhensibles pour nous simples mortels, le taux d’alcool et bas, 7,5% ici. Et malgré la douceur, on réussit à produire des vins maintenant une acidité et une minéralité si intenses que le sucre n’y paraît pas. Le nez de celui-là est légèrement pétrolé. Sinon, c’est pêche dans le sirop, poire, miel, raisins secs, et beaucoup de fleurs. En bouche, ça goûte la tarte aux pommes et à la rhubarbe, et un peu la muscade. Équilibre remarquable et très long en bouche. Le 2006 a déjà été disponible ici, à tout de même 249$.

Egon Muller nous a aussi au repas donné la chance unique de goûter un vin unique dont il ne produit que 900 bouteilles, soit le Trockenbeerenauslese (TBA pour les intimes). On pousse ici encore plus loin la sélection des raisins attaqués par le botrytis. On récole grain par grain les meilleurs, qui ne contiennent que quelques gouttes d’un nectar concentré, pour produire ce vin liquoreux d’exception. Ça sent le raisin et l’abricot sec, les épices, et la bouche est d’une classe et d’un équilibre prodigieux. On peine à comprendre comment un vin si sucré peut être à la fois si facile à boire et délicat. Seul hic : ce vin presque introuvable se détaille généralement, selon les pays et les vendeurs, à plus de 4000 $ la bouteille. Parfois jusqu’à 7000 $.

Mais la maison offre aussi chez nous quelques cuvées plus abordables, heureusement!

Peut-on imaginer couleur plus invitante pour un vin?

Peut-on imaginer couleur plus invitante pour un vin?

Top 4 rouge

Joseph Drouhin, Beaune, Premier Cru «Clos des Mouches» 1996

Cépage : pinot noir

Cette grande maison bourguignonne a beau posséder plusieurs grands crus tels Bonnes Mares et Chambertin Clos-de-Bèze, le premier cru Clos des Mouches, planté à parts égales de chardonnay et de pinot noir, cultivé en biodynamie, en demeure l’emblème. Nous avons eu la chance de goûter le rouge 1996. Un vin qui, placé dans cette dégustation, jouait un rôle un peu ingrat. D’une sublime finesse, tous les autres rouges du jour étaient tous plus ou moins colossaux. Leur tonitruance ayant tôt fait d’effacer de notre mémoire gustative les traces des précédents, tout aussi bons étaient-ils. Ce vin n’est pas du type tape à l’œil. Il n’en met pas plein la vue, mais se révèle avec une souveraine subtilité lorsque dégusté sans hâte, avec un repas simple qui ne lui porte pas ombrage. Le nez était sur les cerises, des notes de sous-bois, de cuir et de balsamique. En bouche, c’est élégant, aérien. Un fruité délicat, des tanins soyeux, fraîcheur et minéralité. Il présente encore une belle acidité. Après 17 ans, ce vin est loin d’être sur son déclin ! Au Québec, on peut actuellement se procurer le 2010, pour 101$. Un achat sur.

L'homme de peu de mots aux vins si expressifs: Pablo Alvarez.

L’homme de peu de mots aux vins si expressifs: Pablo Alvarez.

Vega Sicilia, Unico, Ribera del Duero (Espagne), Cosecha 2004 et 1994

Cépages : tempranillo (80%), cabernet sauvignon et merlot

Quelle révélation que ces vins. D’abord, le 2004. Encore tout jeune. Tellement qu’il ne sera commercialisé que l’an prochain. Le grand vin de Vega Sicilia passe près de cinq ans en foudres de chêne, puis autant en bouteilles, avant sa mise en marché. Pablo Alvarez aime vendre ses vins quand ils sont sortis de leur austérité de jeunesse.  Remarquez qu’après neuf ans, le 2004 est encore une petite jeunesse. Son nez est déroutant, presque anesthésiant tant il est complexe et difficile à cerner, sans pour autant tomber dans la disgracieuse exubérance. On y décèle des notes de confiture de tomates, de fruits noirs comme la prune, d’épices et de tabac. Un petit côté réduit aussi. La bouche est puissante, minérale, complexe, mais en même temps d’une texture veloutée qui la caresse jusque dans ses moindres recoins. C’est encore un brin austère, l’acidité est bien présente, ce qui l’aidera à vieillir avec grâce.

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Quant au 94, son nez est plutôt marqué par le cassis, la mure, la torréfaction, un peu de chocolat noir épicé et de menthe. On décèle la filiation avec son cadet de 10 ans, mais on gagne ici en envergure, en équilibre. L’intensité de ses arômes ne disparaît pas doucement après la gorgée, au contraire, elle va en croissant. Étonnant ! Les tanins sont bien structurés, mais le vin est d’une belle fraîcheur, et minéral. Dans une classe à part, et difficile à décrire ! J’aurais aimé l’avoir pour moi pendant toute une soirée pour mieux méditer sur son cas!

Il ne reste que quelques bouteilles du second vin de la maison, le Valbuena, en SAQ. À surveiller : l’arrivée du 2004 l’an prochain. Le prix laisse perplexe, mais ça demeure entre la moitié et le quart du prix d’un grand cru bordelais, et c’est du même calibre, au moins.

Château de Beaucastel, Hommage à Jacques Perrin, Châteauneuf-du-Pape 2000

Cépages : mourvèdre (60%), syrah (20%), grenache (20%)

Probablement le vin au sujet duquel j’avais le moins d’attentes. Je connais bien les produits de Perrin, tous le fruit d’un travail minutieux, généralement d’agriculture biologique. Tous irréprochables. Mais je n’avais jamais goûté cette superlative cuvée hommage à Jacques Perrin, le grand-père de Thomas, qui présentait les vins à Montréal, et qui a donné tout son lustre à la maison. D’un couleur d’encre, ce Châteauneuf repose sur le mourvèdre, «le cépage qui est le plus apte au vieillissement selon mon grand-père», confiait Thomas Perrin. Des huit cépages rouges autorisés dans cette appellation, on voit plus souvent le grenache prendre la place dominante. Le nez est très animal. Ça sent le gibier frais au retour de la chasse. Le cuir. L’olive noire. La figue confite. La torréfaction. Les épices. La bouche est opulente, chargée de cassis et de cerise noire, d’herbes provençales. C’est très minéral. La matière est épaisse, on se surprend presque à vouloir mastiquer ce vin ! Mais les tannins sont aussi soyeux, sans rugosité. Et que dire de la longueur en bouche… Un colosse raffiné, bâti pour la longue garde. Le millésime 2009 a récemment été disponible en succursales Signature au coût de 366 $. Cela les vaut-il ? Je vous dirai seulement que ce vin m’a procuré au cours de cette dégustation plus de plaisir que des vins plus chers dégustés dans le passé. Ça dépend de votre passion pour le vin, et de votre portefeuille surtout. Mais si vous êtes du genre à considérer ce genre d’achat pour une occasion unique dans votre vie, ou comme cadeau pour un fou de vin que vous estimez énormément, go !

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Tenuta San Guido, Sassicaia, Bolgheri 2009 et 1999

Cépages : cabernet sauvignon (85%), cabernet franc (15%)

Voilà qui n’était pas dénué d’intérêt, ce combat entre deux des plus prestigieux vins de Toscane. Tous deux produits par des familles viticultrices depuis de nombreux siècles : Antinori et les Incisa della Rocchetta. Deux grands vins, hélas dans ce berceau du sangiovese, dominés par des cépages bordelais. Le combat n’était cependant qu’entre nous, dégustateurs, peu habitués d’avoir ces deux vins en même temps à table. Car les deux jeunes femmes représentant leur dynastie familiale respective, Priscilla Incisa della Rocchetta et Alessia Antinori s’entendaient comme larronnes en foire. Au point d’aller prendre une marche de santé ensemble pour aller digérer le copieux repas préparé par l’équipe de Normand Laprise. Mais côté vin, je dois avouer que mon cœur penche du côté de Priscilla. Nous avons dégusté les deux 2009 et Sassicaia m’a paru plus accessible, moins tapageur. Le nez en est une de fraise écrasée, de prune et d’épices. À ce fruit très pur s’ajoutent des odeurs animales et de mine de crayon. La bouche est marquée par le fruit noir bien mûr, le pruneau séché, les épices. C’est frais, minéral, tendu, aux tanins virils, mais élégants. Très très bon déjà même s’il se bonifiera avec les années. Le 1999 m’a semblé plus typiquement bordelais, avec ses notes de poivron grillé. La bouche était toujours sur la fraîcheur et la délicatesse. Ce vin ne présentait aucune ride. À 169$, on est loin de parler d’une aubaine, mais il dame le pion à bien des vins plus chers. Il reste quelques bouteilles de 1999 à la succursale Signature de Montréal.  Solaia demeure superbe, mais il plaira davantage aux amateurs de vins plus colossaux.

Miguel Torres et le sommelier-chroniqueur Jacques Ohron.

Miguel Torres et les sommeliers-chroniqueurs Jacques Orhon et Élyse Lambert
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Mention spéciale en terminant en faveur du vénérable Mas La Plana 2009, de Miguel Torres en appellation Penedès. Ce grand vin de cabernet sauvignon, de loin le rouge le moins cher dégusté en cette grande journée, même si je lui ai préféré plusieurs des vins de cette dégustation, n’a été déclassé par aucun. De facture classique, nez de poivron rouge grillé, de torréfaction, de fruit noir, bouche puissante, racée aux tanins fermes et au boisé fin, il vieillira en beauté. Et ce qui est encore plus beau, c’est qu’en se maintenant année après année aux environs 50$, il ne semble pas subir l’inflation et demeure un des achats les plus surs pour ceux qui aiment mettre des bouteilles en cave pour longtemps!

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  1. Après une dégustation de vins de 100$, 300$ et 600$, est-ce qu’on peut encore se délecter de vins à 20$?
    Tu es chanceux d’être invité à un repas pareil!

    Réponse

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