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Quelques bois-sans-soif estivaux

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Avec l’été qui tente de s’installer, vient le temps des vins d’été. On les aime frais, d’un fruité pur mais sans excès confituré, minéraux, salins, digestes. Parfois robustes lorsque vient le temps d’accompagner une entrecôte aux épices de Montréal bien saignante qu’on vient de retirer du grill.

Mais reste que par 30 degrés, on se sent bien mieux avec à la main un bon vin de soif qu’une bombe de 15% d’alcool qui goute la confiture de bleuet.

Parmi mes suggestions, quelques vins grecs, parce que j’ai eu l’occasion récemment d’en goûter de très bons, qui goutaient, justement, l’été. Et c’est intéressant. Car on considère la Grèce comme un pays aux étés torrides, et d’où les vins seront, en principe, très murs, très chauds, très confits. Et pourtant, il n’en est rien pour ceux que je vous recommanderai.

En blanc

Domaine Tselepos, Mantinia 2012, Code SAQ :  11097485, 17,85 $

Cépage : moschofilero

On est ici dans les hauteurs du Péloponèse, où le cépage moschofilero est roi. Giannis Tselepos travaille proprement, de façon artisanale. Le nez est floral, sent même un brin la feuille de bananier lorsqu’on l’utilise pour cuire des aliments en papillote, le melon miel et le savon à l’huile d’olive. Au nez, étrangement, ce vin a des airs de gewürztraminer avec des notes de miel et de fruits blancs exotiques, comme la mangue, le litchi et la pêche. Le tout sans lourdeur, avec une pointe de salinité et une minéralité perceptible. À un prix plus que correct. Pour l’apéro, les salades qui allient fruit et crustacés.

Clos Henri , Petit Clos, Hawkes Bay 2011, Cose SAQ 11459896, 19,60$

Cépage : sauvignon blanc

Allez, il ne reste malheureusement que quelques bouteilles de celui-là en SAQ, mais je vous en parle tout de même, parce que c’est bon, et que si vous avez la chance d’habiter près d’une succursale qui en a encore, ça vaut le coup ! Clos Henri, c’est l’aventure du sancerrois Henri Bourgeois à Marlborough, en Nouvelle-Zélande. Dans cette région plutôt chaude, il produit des sauvignons blancs d’une étonnante élégance. Loin de ses congénères aux parfums prononcés d’asperge, voire de pipi de chat, celui-ci a un nez floral, de champignons et de fruits blancs. En bouche, c’est poire et pomme, c’est riche, et à la fois frais et salin.

Hatzidakis, Santorini Assyrtiko 2011, Code SAQ :  11901171, 21,95$

Cépage : assyrtiko

L’île grecque au sol de pierre volcanique de Santorin n’a pas connu l’épisode de phylloxera qui a décimé presque tout le vignoble mondial vers la fin des années 1800. C’est donc dire qu’il y reste des vignes franches de pied datant d’avant cette époque, et elles poussent généralement à leur guise, sans taille, en forme de panier. Vous ne verrez pas sur cette île de beaux rangs de vigne parfaitement ordonnés comme à Bordeaux ! Les vins de Hatzidakis sont presque natures, issus de raisins biologiques. Cet assyrtiko dégage des effluves caillouteuses et fumées, comme si vous essayiez d’allumer un feu en frottant deux pierres. Il y a aussi du citron. La bouche est très minérale. Si vous ne comprenez pas toujours ce qu’on entend par minéralité lorsqu’on commente un vin, allez acheter cet assyrtiko, et vous y verrez clair. Car elle est ici tranchante. Le vin est droit, tendu, salin, avec une acidité marquée en finale, une toute petite touche de gras pour équilibrer le tout. Un vin pur et sans artifice, savoureux. Pour les huitres, les poissons crus aux agrumes, ou le homard ! Il y en a plusieurs bouteilles dans les succursales de notre monopole, mais hélas, aux quelques exceptions notables de Gatineau, Sherbrooke et Shawinigan, elles sont surtout concentrées dans les magasins du Grand-Montréal.

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Château de Fuissé, Tête de Cru, Pouilly-Fuissé 2010, Code SAQ :  11330101, 27,20$

Cépage : chardonnay

On change radicalement de registre ici avec ce blanc d’une prestigieuse appellation du sud de la Bourgogne. Ce vin est plus harmonieux et subtil qu’exubérant. Le nez s’exprime sur des notes de fruits blancs comme l’ananas et le citron, la noix de coco et l’amande. La bouche est ronde, grasse, volumineuse, et parfaitement équilibrée. On détecte l’élevage en barriques (70% de barriques, dont le quart neuves, et 30% en cuve) par la subtile présence de vanille, mais cela demeure très discret et donne de la personnalité au vin plutôt que de l’écraser. Les agrumes sont encore présents et on détecte une pointe de minéralité. Un très beau vin de gastronomie qui se pointe le bout du nez chez nous en même temps que le homard local, qui lui fera un merveilleux compagnon. Je serais curieux de le déguster à nouveau dans trois ou quatre ans pour voir s’il ne se montrera pas encore plus charmeur.

En rouge

Domaine Thymiopoulos, Naoussa 2011, Code SAQ :  11607617, 17,50$

Cépage : xinomavro

J’imagine que, comme moi, vous buvez peu de vins grecs. Encore moins des rouges. Ce xinomavro d’une région du nord de la Grèce issu de jeunes vignes, est un régal. Au premier nez, on sent la cerise, la prune et les fines herbes. À l’aération, il devient plus fruit rouge que fruit noir. La bouche démontre un fruit pur et croquant, sans les artifices que peuvent apporter le bois ou autres interventions à la cave. C’est épicé, un peu terreux, les tanins sont souples. À l’aveugle, j’aurais pu parier qu’il s’agissait d’un bon cru du Beaujolais. Je l’ai dégusté avec un tartare de veau des plus simples, bien relevé, et ils se sont parfaitement bien entendus. Une belle surprise ! Une bonne quantité de ce vin vient d’arriver sur les tablettes du monopole, mais il est surtout disponible dans le Grand-Montréal, ainsi qu’à Gatineau, Québec, Saint-Hyacinthe et Trois-Rivières.

Bodegas Baigorri, Rioja Alavesa, Crianza 2008, Code SAQ : 11896105, 22,65$

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Cépages : tempranillo et un infime pourcentage de cépages locaux

J’ai déjà été sévère à l’endroit du reserva 2005 de ce domaine de la partie basque de la Rioja. C’est tout l’inverse au sujet de ce crianza qui m’a paru plus vif, plus croquant et moins lourd que son supérieur hiérarchique. Quand on parle de crianza, cela veut dire plus de 12 mois passés en barriques. 14 dans le cas de celui-ci, essentiellement des barriques neuves. Ce qui est le premier objet de mon étonnement car s’il est perceptible que ce vin a vu du chêne, celui-ci est harmonieusement intégré à l’ensemble. Le qualificatif boisé ne me vient pas à l’esprit pour décrire ce vin. Le nez est très expressif, allant du cassis et de la figue confite au sirop de grenadine. Une pointe de parfum lacté se fait aussi sentir. Il y a aussi de la torréfaction, et une subtile touche de menthol. La bouche est puissante, avec des tanins fermes, un côté épicé intense, du fruit noir, mais une fraicheur et une acidité qui lui confèrent un bel équilibre. Un vin qui appelle naturellement les côtes levées sur le grill selon moi. Je suis un amateur de contrastes en matière d’accords mets et vins, et ce vin aura la puissance pour ne pas se laisser effacer par la viande gouteuse, mais son acidité et son épicé trancheront drastiquement et agréablement avec la sauce sucrée et riche qui accompagne les côtes.

 

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