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Un peu de Bourgogne, et autres découvertes

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Quelques vieux millésimes entreposés dans la cave de Bruno Clair, à Marsannay.

Quelques vieux millésimes entreposés dans la cave de Bruno Clair, à Marsannay.

rosé marsannay

Voici, sans trop de préambule, une chronique qui va droit au but, avec une rafale de suggestions de vins sympas récemment dégustés. Une chronique sans filon précis, où l’on saute du coq à l’âne, du gros rouge pour le BBQ à la quintessence de la finesse bourguignonne.

Ah oui, j’ai décidé de cesser de faire des chroniques uniquement sur des vins disponibles en SAQ, et d’autres spécialement dédiées aux vins d’importation privée. J’irai dorénavant au gré de mes coups de cœur avec pour seul critère : ce vin est-il disponible au Québec? Vous êtes des consommateurs avertis. Si vous vous laissez tenter par un vin que je décris, vous saurez bien où vous le procurer si je vous guide un peu!

Domaine Goisot, Bourgogne Aligoté 2011, Code SAQ :  10520835, 19,35$

Cépage : aligoté

Je n’aime pas toujours le cépage aligoté. Il me paraît parfois abrasif et peu charismatique. Celui-ci en revanche, fait partie de ceux qui me réconcilient avec ce raisin bourguignon qui pousse dans l’ombre du chardonnay. La robe est claire avec des reflets verdâtres. Le nez dégage des effluves de pelure de melon miel, de poire, et de gazon fraichement coupé. La bouche est tendue, citronnée et saline, avec un petit côté herbacé qui ne domine pas l’ensemble. Et malgré tout une agréable rondeur enrobe le tout pour le rendre plus aimable. À boire à l’apéro sur la terrasse, ou avec des crustacés, comme le pétoncle, avec une sauce aux agrumes !

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Domaine des Huards, Le Pressoir, Cheverny 2011, Code SAQ :  11154021, 19,85$

Cépages : pinot noir (80%), gamay (20%)

Pas besoin d’être assoiffé pour passer à travers la bouteille de ce rouge tant il est frais, croquant, gouleyant. L’assemblage rappelle le Bourgogne passetougrains, mais nous sommes bien à Cheverny, en Loire, tout près du Château du même nom qui a inspiré le Moulinsart d’Hergé. Le vigneron Michel Gendrier conduit sa vigne en agriculture biodynamique, et arrive à nous offrir à prix plus que correct ce rouge au nez de cédrière, de fruit noir acidulé, de prune pas trop mure et de cerise. La bouche ne manque pas de complexité, mais s’exprime sur le registre de la fraicheur. Fruit noir, épices, poivre, une petite touche fumée en fin de bouche, et une légère acidité. De la complexité, mais surtout, un vin gourmand dont on ne se lasse pas, sur des plateaux de charcuteries, ou une pièce de veau assaisonnée avec retenue.

Château Mire l’Étang, Cuvée des ducs de Fleury,  Languedoc-La-Clape 2010, Code SAQ :  00859132, 17,25$

Cépages : syrah, mourvèdre, grenache

Ouf, quel poids lourd que celui-là ! Mais plusieurs buveurs, surtout l’été avec une belle pièce de viande sur le grill, aiment ça, les vins virils et musclés. Si c’est votre cas, ce vin de La-Clape est pour vous ! Le nez est exubérant, on y retrouve des cerises noires dans l’alcool, de la figue confite, des raisins bleus de table un peu surmuris, de la réglisse, du tabac et du chocolat au lait. Avec une touche d’herbes de la garrigue. La bouche est puissante, un brin lourde. Le vin a été longuement élevé en barriques de chêne, et on le détecte, sans que le boisé soit grossier. Le fruit noir demeure bien présent, comme les épices. Les tanins semblent avoir croulé sous le poids du fruit mur, ils sont étonnamment discrets. Bref, un gros vin joufflu, un peu racoleur, avec lequel il faut impérativement manger, idéalement une belle grosse pièce de viande bien saignante, marinée et relevée, cuite sur le feu !

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Domaine Joblot, Givry 1er cru «Clos grande Marole» 2009, 40$ (en importation privée chez Séguin-Robillard Vinifera)

Cépage : pinot noir

Le vin réserve toujours son lot de surprises. Ainsi lors d’une dégustation de vins de Bourgogne, ce 1er cru de la Côte Châlonnaise suivant un Mercurey qui est tombé à plat, trop lourd qu’il était, m’a ravi alors que je n’en attendais rien de grandiose. Les vins de Givry n’ont pas la réputation de ceux de côte de Beaune ou de Nuits. Mais les vignerons qui travaillent bien réussissent sans encombre à jouer dans la cour des (soit disant) grands. Au premier nez, son côté herbacé et épicé domine. Mais à l’aération, un beau fruit noir se dégage, tout en douceur. La bouche est élégante volumineuse mais tout en fraicheur, remarquablement équilibrée entre des tanins souples, les saveurs de griotte qui se manifestent en finale surtout, les épices et une minéralité perceptible. Un grand vin qu’on n’attendait pas. Il est disponible en petite quantité en importation privée. Le millésime 2011 devrait arriver cet été. Vous pouvez le réserver via cette page sur le site de l’importateur.

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Philippe Pacalet, Gevrey Chambertin, 1er  cru «Bel Air» 2008, 97,00$ (Importation privée, chez Rézin)

Cépage : pinot noir

Je fais ici mon vilain en vous parlant d’un vin exceptionnel, mais actuellement introuvable ici si ce n’est que dans quelques bons restos. Mais il vaut la peine d’être attendu, d’être désiré. Philippe Pacalet est une des icônes bourguignonnes du vin nature. Quand son importateur Québécois, l’agence Rézin, en reçoit, ils ne sont pas affichés sur sa liste de produits en inventaire qu’il n’en reste déjà plus, peu importe la cuvée et le millésime. J’ai eu la chance récemment de déguster le Gevrey-Chambertin 1er cru «Bel Air» 2008, un petit premier enclavé entre trois grands crus, Chambertin Clos-de-Béze, Mazis-Chambertin et Ruchottes-Chambertin. Même si 2008 n’est pas un millésime adulé par les critiques, il a donné selon moi de grands vins accessibles en jeunesse. En gros, j’ai goûté des 2005 encore fermés, et des 2008, trois ans plus jeunes, déjà au sommet de leur forme. Ce Bel Air s’avère déjà d’une sublime élégance. Le nez rappelle les petites framboises sauvages, les griottes, le pétale de rose séché, le poivre rose, avec une très subtile note de réduction. La bouche est fidèle au nez, la touche de poivre vivifiante en finale est du plus bel effet, on détecte une subtile touche saline, et une minéralité intense. Tout en fraicheur, en délicatesse, en élégance. On n’est pas ici sur un Gevrey tannique et puissant, on mise sur l’expression pure du sol de Bel Air, sans maquillage. Et c’est une réussite incontestable. Rézin avait au moment d’écrire ce billet quelques bouteilles de Pacalet, soit le Charmes-Chambertin 2010 à 227$
 (vendue à l’unité), le Chablis 1er cru «Beauroy» 2011 à 75,40$
 et le Chassagne-Montrachet à 91,50$, ces deux derniers étant disponibles en caisse de trois. Si vous contactez l’agence et signifiez votre intérêt, vous serez avisé des arrivages de Pacalet. En janvier dernier, Rézin avait émis un bon de commande de nombreux produits de ce vigneron sur le millésime 2010, dont le Bel Air. Il est trop tard pour ceux là, mais on remettra certainement ça dans le futur. Ça vaut la peine de vous tenir informé, votre attente sera récompensée dignement!

À surveiller

Voici deux vins dont je n’ai pas dégustés les millésimes courants, mais que je connais bien et qui seront à nouveau disponibles le 2 mai dans plusieurs succursales de notre monopole.

Domaine Bruno Clair, Marsannay 2011, Code SAQ :  10916485, 23,30$

Cépage : pinot noir

Payer 23$ pour un rosé ? Hé oui, il faudra vous y résoudre. Parce que contrairement à une croyance persistante, tous les rosés ne sont pas que de petits vins bonbons pour plaire aux copines sur les terrasses. Certains rosés sont le fruit d’un travail aussi rigoureux que les meilleures cuvées rouges de leurs producteurs, et sont parfaitement à l’aise sur une table gastronomique. Comme celui de Bruno Clair, en Bourgogne. Pour la petite histoire, son grand-père est littéralement l’inventeur du rosé de Marsannay, créé au milieu du siècle dernier à une époque où les vins de Marsannay, écrasés par leurs tonitruants voisins de Gevrey-Chambertin, trouvaient difficilement preneur. Et avec ce rosé signature de l’appellation, il a pratiquement relancé les vignerons du village de Côte de Nuits. Ce rosé est vineux à souhait, on détecte bien les caractéristiques du pinot noir, et il conviendra à des plats de poissons à chair rouge, de volaille, des soufflés au poisson, la bisque de homard… Je tenterai de vous en reparler s’il ne disparaît pas en quelques jours.

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Bonny Doon, Le Pousseur, Central Coast (Californie) 2009, Code SAQ :  10961016, 26,80 $

Cépage : syrah

Ce domaine californien qui nous habitue depuis longtemps à des vins un peu «champ gauche», surtout issus de cépages du Rhône, nous revient avec cette délicieuse cuvée de Syrah qui mise sur la finesse, l’élégance, les arômes floraux, épicés, un faible pourcentage alcoolique – la buvabilité quoi ! – plutôt que sur la concentration et la puissance comme on le voit souvent dans le Nouveau-Monde. Quoi qu’on en trouve de plus en plus dans ce genre, en Californie.

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