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Les valeurs sures

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La gamme de Nicolas Potel

La gamme de Nicolas Potel

Le vin, c’est souvent de belles découvertes, des surprises, un voyage le temps de déguster une bouteille d’une région de rêve. Mais parfois, certains aiment revenir aux valeurs sures, aux vins qui seront sans surprise mais dont on sait d’avance qu’ils seront satisfaisants, qu’ils ne pourront déplaire, et que même si on a 12 convives à table, il n’y en aura pas un pour faire son fin finaud et dire que ce n’est pas son type de vin. Les conservateurs seront comblés, et ceux qui aiment découvrir ne s’ennuieront pas.

Voilà en somme la catégorie de vins dans laquelle s’inscrivent la plupart de ceux que je vous propose cette semaine. Pas tous, car vous savez que j’ai tout de même horreur de la routine. Vous constaterez qu’il y en a quelques uns provenant d’une même maison, Nicolas Potel, en Bourgogne. J’ai eu la chance récemment de dîner avec les dirigeants de cette maison de négoce et de passer à travers la gamme disponible au Québec. Il s’agit de bourgognes accessibles, tant par leur prix (toutes proportions gardées, car les bons bourgognes, ça n’est jamais donné) que par leur style épuré mais gourmand et charmeur.

En blanc…

Le blanc du domaine du Loup blanc, d'Alain Rochard.

Le blanc du domaine du Loup blanc, d’Alain Rochard.

Le Loup Blanc, «le blanc», vin de France, 2011, 23,99 $ (importation privée, en caisse de 12) chez Planvin

Cépages : terret bourret, grenache gris

Voilà. Il fallait que je vous parle de vin de confort, pour entamer mes suggestions avec tout à fait l’inverse. Pas que ce blanc n’est pas assuré de vous plaire, mais parce qu’il vous déroutera assurément. Il est produit par le domaine d’Alain Rochard dans le Minervois, dans le sud de la France. Alain, c’est le proprio du Continental, une institution de la gastronomie montréalaise. Son domaine, le Loup Blanc, produit depuis quelques années de beaux succès en SAQ, comme le Trois ptits C, Mère grand ou le Régal du loup. Ce blanc par contre, il n’est trouvable qu’en importation privée chez Plan vin, dont vous avez les coordonnées ici. Mais fiez-vous sur moi, même si l’achat d’une caisse de 12 bouteilles à ce prix peut s’avérer un brin rébarbatif d’entrée de jeu, vous aurez tout bu en peu de temps et serez bien fiers de votre achat. Au pire, partagez la caisse entre amis pour en amortir le coût. Ce vin s’inscrit en appellation «vin de France» (autrefois vin de table) pour une raison bien précise : sa constitution ne correspond pas aux standards stricts des appellations locales. Bref, ce n’est pas un signe de qualité moyenne, mais plutôt d’unicité. Au début, Alain produisait cette cuvée avec un peu de terret et de muscat, et beaucoup de grenache gris. Mais au fil du temps, il est tombé en amour avec son terret, et il a ainsi récemment évacué le muscat au profit de l’autre. Résultat, le Blanc dégage des effluves de fruits blancs, le melon surtout, des notes salines et d’herbes fraîches. En bouche, il est tendu, très minéral et riche, sans tomber dans le lourd et le massif. Avec presque des notes d’herbes salées. Sensation aérienne. À boire sans modération avec des poissons et fruits de mers aux saveurs riches, pourquoi pas même apprêtés à l’orientale ?

La Chablisienne, La Sereine, Chablis 2009, Code SAQ :  00565598, 21,70 $

Cépage : chardonnay

La Chablisienne est une grande maison qui fonctionne à la manière des caves coopératives, en travaillant avec 300 vignerons, tous de Chablis. La maison s’efforce toutefois de ne pas diluer les particularités territoriales des nombreuses et singulières parcelles de cette grande appellation où le chardonnay est roi, produisant des crus parcellaires d’une grande minéralité, d’une grande typicité. Nous avons cependant ici à faire au chablis d’entrée de gamme de la maison, issu de vignes d’un peu partout dans le chablisien. Un chablis bon marché, selon les standards de l’appellation, un chablis presque pour tous les jours quoi! Au nez, écorce de melon miel, bouquet de fleurs des champs et de plantes comme l’aloès. En bouche, nous avons un chablis souple, tout en fraîcheur, un petit côté caillouteux, doté d’un beau fruit, les agrumes surtout, un brin salin, à l’acidité présente sans être agressive. Tout ce qu’on s’attend à trouver dans un bon chablis, dans l’équilibre et la mesure. Un vin de confort dont vous ne serez jamais déçu.

Nicolas Potel, Vieilles Vignes de Chardonnay, Bourgogne 2010, Code SAQ : 11890926, 21,15$

Cépage : chardonnay

Vous ne le trouvez pas en SAQ ? Normal, il fera son entrée sur les tablettes du monopole le 21 mars lors d’un arrivage Cellier. Donc, principalement dans les succursales Sélection. On demeure ici comme pour le vin précédant sur un chardonnay à prix quasi-identique, mais de facture bien différente. Celui-ci est pour les amateurs de chardonnays plus denses, plus gourmands. Au nez, nous sommes sur la pêche blanche, la poire, les amandes grillées, un léger côté beurré et de caramel à la fleur de sel. Malgré ce déluge olfactif, la bouche demeure plutôt droite avec ses notes d’abricot, iodées, et un petit côté fines herbes. On perçoit le léger élevage (10-15%) en barriques de chêne neuf, mais il n’alourdit pas le vin outre mesure. Il persiste même une certaine fraîcheur. Un vin plus opulent que le précédent, mais en même temps très équilibré et gourmand. Un bel achat. Ne traînez pas trop.

En rouge…

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Nicolas Potel, pinot noir vieilles vignes, Bourgogne 2011, 
Code SAQ : 00719104, 22,45$

Cépage : pinot noir

La maison Nicolas Potel en est une de négoce. On achète une partie de la production d’une cinquantaine de viticulteurs. Le chef de cave Jean-Christophe Pascaud se déplace chez eux pour les vinifications mais les laisse travailler la vigne à leur guise et n’intervient qu’en cas de problème. Ce qui guide le choix des parcelles de raisin qu’il sélectionne, c’est l’âge de la vigne. Pas le fait qu’elle soit bio ou pas. On n’en fait pas une religion chez Potel. «On n’a pas voulu entrer dans le bio à tout prix, car c’est trop exigent. Il y a trop de vignes bio en trop mauvais état en Bourgogne, qui est une région humide. On jette plutôt notre dévolu sur de petites parcelles, de souvent moins d’un hectare, toujours des vieilles vignes de 70 ans et plus, cultivées en lutte raisonnée», explique M. Pascaud. Le Bourgogne rouge d’entrée de gamme de la maison est donc un assemblage de plusieurs de ces parcelles. Le Québec est la marché le plus important pour ce vin qui est presque toujours disponible à bon prix en succursale. Sa robe est si claire qu’en certaines régions, on le qualifierait presque de rosé ! Mais cela n’en fait pas pour autant un vin mince et sans matière. Au nez, il dégage des arômes de cèdre, de menthe et de petits fruits rouges acidulés. La bouche est tendue et offre du fruit rouge à revendre, et une subtile touche épicée. C’est délicat, frais, gouleyant.

Nicolas Potel,  Monthélie premier cru «Les Champs Fulliot» 2011, Code SAQ :  11154321, 33$

Cépage : pinot noir

Monthélie est un village de la Côte-de-Beaune. Ce vin est issu de la parcelle (ou climat, doit-on dire en Bourgogne) «Les Champs Fuillot», classée en premier cru. De couleur plus sombre que le pinot d’entrée de gamme, son nez est aussi un brin plus austère avec des parfums de cendre, d’aneth, et de sous-bois. En bouche, les tanins signalent bien leur existence, sans se faire rudes. Le fruit noir est bien mur, épicé, appuyé par une belle minéralité. Un vin de belle envergure, qui gagnera en charme après quelques années, trois ou quatre, en cave. Un très bel achat à ce prix !

Nicolas Potel, Beaune, premier cru «Les Bressandes» 2010, Code SAQ :  00725929, 39 $

Cépage : pinot noir

Un nez très expressif, quasi lacté, de crème fraîche, légèrement vanillé, avec des intonations de bleuets. Étonnant, invitant. En bouche, il est plus aérien, délicat, que ce que le nez annonce. Toujours ce bleuet sauvage mur, mais pas confit, avec des touches d’épices, et un petit côté crayeux. Les tanins sont très souples, la bouche est longue et complexe. Riche et subtil à la fois. Un de mes favoris de la gamme.

Passons aux autres…

Firriato, Nari, Sicilia, Code SAQ :  11905809, 13,95 $

Cépages : nero d’Avola (80%) et petit verdot

Assemblage peu orthodoxe, ce vin présente un nez de compote de prunes et de confiture de bleuets. Surprise, en bouche, on ne trouve pas tout le sucre que le nez laissait présager. C’est épicé, d’une belle matière fruitée, frais, avec un petit côté terreux. Les tanins sont très souples. Simple et un brin racoleur, mais sans défaut. Une aubaine.

Vigne Regali, La Lus, Monferrato (Italie) 2009, Code SAQ :  11366112, 24,20$

Cépage : albarossa

Ce domaine piémontais appartient aux mêmes propriétaires que la maison de Montalcino, en Toscane, Castello Banfi. Au premier coup d’œil, le liquide dans notre verre pourrait être pris pour de l’encre tant il est opaque et d’un pourpre presque noir. Une chance que le nez nous rappelle à l’ordre : cassis, bleuets confit, clou de girofle. Ça s’annonce un peu lourd, mais c’est bien du vin ! La bouche est enveloppante, faite de fruits noirs, prunes et figues, très murs, de réglisse noire, et malgré toute cette matière et cette opulence, le tout rehaussé, heureusement, par une pointe de fraîcheur. Malgré toute cette opulence, les tanins sont presque imperceptibles. Ce qui me rappelle certaines bonnes carménères du Chili. Afin de contrebalancer le poids de ce vin, par ailleurs gourmand et très charmeur, je le marierais avec une cuisine épicée. Un bœuf madras, par exemple. Ou le bulgogui coréen.

Muga, Reserva, Rioja (Espagne) 2008, Code SAQ :  00855007, 22,65$

Cépages : tempranillo (70%), garnacha (20), mazuelo (7%), graciano(3%)

Cette grande maison de la Rioja, en Espagne, produit des vins en général irréprochables. On y sort rarement des sentiers battus mais la qualité est au rendez-vous. Le nez de celui-ci rappelle la fraise mure, la figue, la vanille et la torréfaction. Quand on y goûte, un petit côté réduit, rappelant le balsamique, nous surprend. J’aime. Pour le reste, c’est du fruit noir, des épices, de la réglisse, un boisé fin, des tanins bien sentis. Tous les amateurs de vins virils en seront très heureux.

Château Vignelaure, Côteaux d’Aix-en-Provence 2008, Code SAQ :  11095703, 24,55$

Cépages : cabernet sauvignon (70%), syrah (25%), grenache (5%)

Vignelaure est une grande et belle propriété provençale produisant un vin puissant, racé, qu’il faut dompter. Dans notre verre, on sent le fruit noir, la mure, le tabac et les herbes de la garrigue. Quand on y goûte quelques instants après avoir fait sauter le bouchon, on regrette de ne pas l’avoir carafé. Car la première impression en est une d’austérité. La bouche est droite, le fruit y est mois perceptible qu’au nez, en revanche, ça goûte la mine de crayon (jeune, on a tous mordillé un crayon plomb. Si vous ne vous en rappelez pas, refaites le et vous cromprendrez) et c’est d’un boisé un peu vert. Les tannins sont bien fermes. Un peu décevant à priori. J’ai oublié la bouteille pendant deux jours. Je lui ai ensuite donnée une autre chance et c’est un nouveau vin qui s’est présenté. Plus fruité, plus ouvert, plus charmeur. Morale de l’histoire, un très bon vin, dont l’acidité favorisera une bonne garde, mais qui en attendant, devra être longuement carafé avant sa dégustation.

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