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Trouvailles et folies

Surenchère de folies vineuses…

Il y avait longtemps que nous n’avions pas dégusté quelques jolies quilles, Valérie et moi. Situation à laquelle nous avons remédié récemment au cours d’une longue journée pendant laquelle les bouchons ont sauté à un rythme effréné, du petit vin de tous les jours au grand cru mythique ou étrangetés inconnues ici!

Avec le rabais de 10% sur les achats de plus de 100$ à la SAQ ce weekend, voici quelques suggestions de beaux produits pour en profiter!

Les blancs

Les Compères, Bouvret & Ganevat Essencia, Côtes Jura 2010, Code SAQ : 11544003, 26,05$

Cépage : chardonnay

Les Compères, ce sont Jean-François Ganevat, vigneron de la Combe de Rotalier, dans le Jura, et Philippe Bouvret, caviste spécialisé dans les vins naturels et fromages de pays à Poligny, dans la même région. Ils ont créé ce vin fait de chardonnay qui selon moi, est le vin parfait pour initier les sceptiques au singulier monde viticole de cette région. Les néophytes sont parfois déroutés par des vins de type oxydatif, grandiose pour les uns, peu charmants pour d’autres. Ce chardonnay de facture plus classique sent bon les champignons, le caramel à la fleur de sel et il sent presque le fromage comté fleuri, autre spécialité d’ailleurs de la cave de Bouvret. En bouche, il est tout en équilibre et en délicatesse. C’est rond, la matière est riche, avec des saveurs de poire, d’abricot, une belle minéralité, une belle acidité et de la fraîcheur. La bouche est assez longue. «Ça va être notre vin de Noël, déclare Valérie. Une bonne idée en effet.

Note : 8,5/10

Domaine Vincent Carême, Vouvray sec 2010, Code SAQ : 11633612, 23,45$

Cépage : chenin

Ce Vouvray sec fait de raisins issus de l’agriculture biologique nourrissait chez moi de hautes attentes, les vins de Carême m’ayant toujours plu. Celui-ci nous a semblé un peu plus mince que ce à quoi je m’attendais. Le nez est floral, sent bon la cire d’abeille et les petits bonbons pétillants. La bouche est d’une acidité très vive, d’un fruité très (trop) subtil, et une belle minéralité. Bon, mais pour le prix, on aurait aimé un peu plus de complexité et de longueur ! Revisité 48 heures après son ouverture toutefois, il m’a semblé plus aimable.

Note : 7,5/10

Les rouges

Cloudline, Willamette Valley , Oregon 2009, Code SAQ : 11334161, 20,35$

Cépage : pinot noir

Du bon pinot noir à 20 $ ou moins, ça ne court pas les rues. Surtout du côté de la Californie ou de l’Oregon me semble-t-il, où la qualité est au rendez-vous certes, mais les prix exagérés. En voilà un qui détonne donc. Un nez plutôt subtil de petits fruits rouges compotés, de terre humide. Une bouche toute en fruit, en délicatesse, en fraicheur, loin des pinots parfois trop confits du nouveau-monde. Lisez-moi bien, ce n’est pas un grand pinot complexe et racé, mais un excellent pinot de tous les jours.

Note : 8/10

Heinrich, Burgenland (Autriche) 2010, Code SAQ : 10768478, 20,30$

Cépage : blaufränkisch

Un cépage que nous connaissons peu, un pays que nous connaissons surtout pour ses grands skieurs, ses montages, et un peu de vin blanc. Ce rouge lui, offre un nez agréable sur les bleuets, les cassis, le cacao, les épices. En bouche toutefois, le fruit se fait plus discret, par contre on détecte une forte présence de réglisse, une belle acidité, des tannins souples, mais un boisé peut-être un peu trop intense pour un raisin trop délicat. Cela dit, comme le vouvray précédent, après une journée d’ouverture, il s’est fait plus charmeur. Pour la découverte, et le prix, un bel achat tout de même.

Note 7,5/10

Produttori del Barbaresco, Langhe 2010, Code SAQ : 11383617, 22$

Cépage : nebbiolo

Produttori del Barbaresco, c’est un vieux regroupement de petits vignerons de la région de Barbaresco, dans le Piémont italien. Ce langhe est fait à 100% de nebbiolo provenant des parcelles donnant le grand barbaresco de la maison. La différence, les vignes du lange sont plus jeunes. Ce pourquoi on l’appelle souvent le bébé barbaresco ! Il sent bon la griotte, la figue confite, les dattes, la terre, la boite à cigares. La bouche est délicate, toute en fraîcheur. Du beau fruit noir, des épices, un boisé judicieusement dosé. Une belle longueur et des tanins soyeux. Note ici pour ceux qui souhaiteraient trouver dans ce vin un colosse comme le barbaresco : on a plutôt ici un vin de plaisir, accessible dans sa toute jeunesse. Un des vins offrant le meilleur rapport plaisir/prix sur le marché.

Note : 8,5/10

Passons aux choses sérieuses!

Les Côteaux champenois, appellation des vins tranquilles de Champagne.

Drappier, Côteaux champenois blanc de noirs, France

Cépage : pinot noir

Ce vin est introuvable ici, mais quelques mots sur lui pour les mordus, question de savoir que ça existe! Le champagne a beau être le vin le plus célèbre du monde, presque personne ne connaît la production champenoise de vins tranquilles dont, sauf, erreur, on ne trouve presque aucun représentant au Québec. Cela dit, les vins qui donnent naissance au champagne sont avant la prise de mousse des vins tranquilles souvent de très haut niveau. Quand ils sont laissés ainsi et vinifiés sans bulle, ils portent l’appellation Côteaux champenois. En général, il s’agit de rouges issus de pinot noir ou de blancs faits de chardonnay. Et qui cela dit n’ont rien à envier en terme de profondeur, de richesse, à leurs illustres voisins bourguignons. Mais j’ai dégoté cette rareté chez un caviste de Troyes, le Cellier Saint-Pierre, cet été. De chez Drappier, dont on connaît ici le très bon champagne brut nature. Ce blanc de noirs est donc issu de pinot noir, vinifié en vin blanc. C’est à dire que le raisin est éraflé et qu’il ne macère pas sur ses peaux, ce qui donne la couleur au vin rouge. Et comme un champagne, il est fait d’un assemblage de vins de réserve de plus d’une récolte, ce pourquoi il n’est pas millésimé. Dans le cas de celui-ci, il est à 90% composé de 2008. Bref, on s’attendait à un blanc opulent et gras, et tout au contraire, on a eu droit à un vin d’une grande tension, vif, très minéral, complexe, aux arômes de pomme verte et citron. Le nez, légèrement brioché, rappelait un bon champagne extra brut! Si vous passez par cette région, voilà le genre de produit sur lequel il faut sauter pour essayer. Et à 25 $, ce sera loin d’être votre plus folle dépense de voyage.

Malgré l’étiquette endommagée… quel vin!

Domaine Amiot-Servelle, Chambolle-Musigny premier cru «les Charmes», 2004

Cépage : pinot noir

Un autre petit trésor rapporté d’un voyage passé dans cette fabuleuse Côte-de-Nuits. Un domaine choisi au hasard sur la route des grands crus, normalement ouvert sur rendez-vous seulement, mais où la propriétaire a eu la gentillesse de m’accueillir à l’improviste. On dit des Chambolle-Musigny qu’ils sont les plus féminins des vins de Bourgogne. Et pourtant, quand on l’a débouché puis passé en carafe deux heures avant de le boire, c’est un parfum, envoutant, mais musclé, qui nous a sauté aux narines! Des notes de fruits noirs murs et de bois très marqués. Mais après s’être reposé, le vin s’est montré dans toute la grâce qu’on attendait de lui. D’un fruité élégant, d’une minéralité vibrante, puissant mais raffiné, d’une densité et d’un équilibre remarquables. Avec presque une pointe saline en finale. Un vin qui doit être servi avec de plats simples, qui ne lui porteront pas ombrage. Si ce vin, issu d’agriculture biologique, est introuvable au Québec, sachez que le Chambolle-Musigny village 2009 (excellent millésime) d’Amiot-Servelle est disponible à la LCBO. Bon à savoir si vous passez du côté de l’Ontario!

Château Palmer, Margaux grand cru classé 2004, Code SAQ : 10654809

Cépages : merlot (47%), cabernet sauvignon (46%), petit verdot (7%)

Voilà un vin que l’on peut très rarement s’offrir, et qui se fera encore plus inaccessible dans le futur. Un trésor sorti de la cave de Valérie. Château Palmer 2004, troisième grand cru du Médoc selon le classement de 1855. Un millésime que personne n’a consacré comme fabuleux, mais qui a donné des vins parfois plus agréables en jeunesse que dans les soi-disant millésimes mythiques.

On l’a laissé dormir plusieurs heures en carafe afin de dompter ses élans boisés détectés à l’ouverture. Au final, le nez demeurait tonitruant, mais d’une race certaine. Prune, mure, tabac, cuir, épices et torréfaction. En bouche, le fruit était présent, en plus de notes de réglisse et de fumé, une minéralité intense et un boisé bien présent, mais sans déranger l’équilibre. Les tanins étaient encore fermes mais sans rudesse, et il maintenait une certaine acidité, signe de sa capacité de bien vieillir pendant encore longtemps. Un vin qui en met plein la vue à l’aide de moyens différents de ceux utilisés par le Chambolle précédent. Le Palmer est un feu d’artifice, le Chambolle est une œuvre classique raffinée et toute en douceur. Tous deux ont procuré autant de plaisir, différemment.

Hélas, le bordeaux se fera toujours plus inaccessible. Notre 2004 a été acheté à une époque à laquelle ces vins mythiques étaient encore «achetables». La spéculation sur ces produits fait en sorte que les millésimes 2005 et 2006 aujourd’hui disponibles en SAQ avoisinent les 350 $. Il y a aussi un mythique 1945 pour la modique somme de… 6930$! Mais si vous en avez les moyens, et l’occasion, c’est une expérience à vivre.

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Une réponse "

  1. Très intéressant. De plus, tes photos sont très belles.

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