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Après Frankenstorm, place aux vins vrais

Novembre arrive à grand pas. Et pourquoi devrait-on se réjouir de la venue de ce mois de plus en plus gris, frisquet, pluvieux et qui débute avec Frankenstorm, la présumée tempête du siècle? Parce que c’est le mois le plus effervescent sur la scène vinicole québécoise. Et il y en aura pour tous les gouts.

Ça commence au Marché Bonsecours de Montréal samedi et dimanche prochains, et le mardi suivant à l’espace Dalhousie de Québec. Il s’agit du cinquième salon des vins en importation privée, organisé par le Regroupement des agences spécialisées dans la promotion des importations privées des alcools et des vins (RASPIPAV), et qui se déplace le 6 novembre à Québec, à l’espace Dalhousie.

Je vais ici remettre brièvement la cassette que je fais jouer épisodiquement à l’attention de ceux qui croient à tort que l’importation privée est réservée aux restaurateurs et aux gens fortunés : détrompez-vous! Évidemment, que ce type d’achat requiert un magasinage de plus longue haleine que celui que l’on fait chaque semaine à la SAQ. Car n’oublions pas qu’il est interdit au Québec de tenir une boutique vendant du vin sur des rayons. Pour se procurer les vins que dégotent les nombreux et talentueux importateurs privés du Québec, il faut les commander, en principe à la caisse. De six ou 12, selon les producteurs. C’est une contrainte imposée par la SAQ aux importateurs. C’est certes un obstacle à la démocratisation de l’importation privée, mais après tout, le vin avec lequel vous tomberez en amour, vous ne croyez pas que vous en boirez au moins six ou 12 bouteilles dans l’année? Ce type de salon est l’occasion rêvée de faire votre magasinage pour vous assurer de ne pas vous tromper au moment de passer la commande et vous retrouver avec 12 bouteilles qui ne vous plaisent pas.

Les vins que vous découvrirez à ce salon, sont souvent des vins issus de petits producteurs, originaux, authentiques, qui aiment à produire des vins vrais, typés, empreints de leur terroir, plutôt que des vins de grande distribution. Allez voir, vous aimerez!

Aussi, une centaine de vignerons seront présents au salon, et dans les jours précédant et suivant, de nombreux évènements les mettront en vedette dans une foule de restaurants de Montréal et Québec. Généralement, on propose un menu inédit spécialement conçu pour se marier avec les vins du vigneron invité. Je ne peux ici vous en faire la liste détaillée, puisqu’il y en a trop. Ceux que j’oublierais pourraient m’en vouloir, et je ne veux favoriser personne car tous méritent leur moment de gloire. Je vous invite plutôt à questionner les vignerons que vous rencontrerez sur place sur les soirées qui leur sont dédiées!

Autres salons

Le weekend suivant, c’est au tour de la Grande dégustation de Montréal de s’installer au Palais des congrès. Ce salon est le plus «mainstream», celui des grands producteurs, des petits et grands vins, surtout disponibles en SAQ.

Suit ensuite pour le dernier weekend du mois la Fête des vins du Québec, au Complexe Desjardins.

Je vous reparlerai avec plus de détails, en temps et lieu, de ces deux derniers évènements.

Mais pour vous faire patienter en attendant, voici quelques suggestions de vins dont quelques uns dégustés en primeur qui seront disponibles en SAQ cette semaine!

Kiralyudvar, Tokaji 2008, code SAQ 11812127, 27,65$

Cépage: furmint (90%), hárslevelű

Jeune domaine de cette Hongrie viticole riche d’histoire et de grands vins, mais au potentiel encore mal connu chez nous, Kiralyudvar nous arrive avec ce furmint sec des plus intrigants. Le nez ne donne pas l’impression d’un vin sec. Les arômes de caramel, de beurre, de cannelle et de curry nous laissent croire qu’on aura un vin sucré! Mais ce n’est pas le cas. En bouche, c’est certes gras, opulent, ça goûte le sucre d’orge, sans le sucre, les noix et les poires cuites à la cannelle. Mais le tout sur une trame fraiche, remarquablement équilibrée. Une belle buvabilité. Je le trouve un peu cher, mais le côté découverte vaut l’investissement. Pour déguster avec un poulet au beurre!

Note : 8/10

Van Zeller, Douro, 2010, code SAQ 11817577, 19,50$

Cépages : touriga nacional, touriga franca, sousao, tinta francisca, tinta barroca, tinta roriz, rufete

Une nouveauté chez nous, produite par Cristiano Van Zeller, un œnologue de renom au Portugal, qui signe ici sa propre gamme de produits.  L’assemblage de cépages peut paraître étourdissant, mais il ne sort pas de l’ordinaire dans ce Douro aux innombrables cépages autochtones. Le nez est discret, sur les fruits noirs murs, mais heureusement non confits, et le tabac. Une légère pointe de poivre aussi. La bouche est plus exubérante et toute en fraîcheur, avec de la mure et de la prune, mais une belle trame épicée, cannelle, cardamome et poivre. Les tanins sont fondus et le boisé, discret. Un très joli vin, digeste, à boire sur des plats simples, charcuteries, saucisses, tarte à la tomate.

Note : 8/10

 

Vignalta, Monte Rey, Monterey County 2005, code SAQ 11863071, 23,80$

Cépage; syrah

Vignalta est une maison italienne de Vénétie qui a décidé de planter de la vigne en Californie. Et cette syrah dont l’arrivage est prévu le 1er novembre démontre que ce n’était pas une mauvaise idée. Le nez est marqué par des arômes de figues mures, de vanille, de cannelle, et de fleurs délicates. La bouche est épicée, torréfiée, on y décèle du poivron rouge rôti, du fruit noir et un léger boisé. Une pointe de fraicheur ne lui fait pas de mal et il est long en bouche. Aucune lourdeur, même une finesse rare pour une syrah du Nouveau-monde. Pour un vin de ce calibre, déjà âgé de sept ans, le prix est plus que correct!

Note : 8,5/10

Domaine Thymiopoulos, Terre et Ciel, Naoussa (Grèce) 2009, code SAQ 11814368, 28,40$

Cépage: xinomavro

Le vin le plus original de la semaine, lui aussi disponible ce jeudi. Issu du cépage grec xinomavro. Petit détour par la Bourgogne pour vous en parler. Je suis entré cet été chez un artisan du cassis, fruit emblématique de cette région dont on connaît surtout le vin. La confiture de ce petit fruit noir mijotait, dégageant dans sa boutique un parfum envoûtant. J’ai retrouvé exactement ce parfum en humant ce vin grec. Ce qui n’est pas une mauvaise chose… La bouche est sur la fraicheur, des tanins bien sentis, du fruit éclatant, myrtille, cassis, très purs et sans sucrosité. Pas donné, mais pour la découverte, ça vaut le coup ! Pour l’agneau…

Note : 8/10

Quinta da Romaneira, Douro, 2008, Code SAQ : 11605566  , 30,50$

Cépages : touriga nacional (70%), touriga franca (25%), tintao cao (5%)

Revenons au Douro avec ce vin sérieux disponible, hélas, dans une trentaine de succursales seulement. En revanche, il peut être commandé via le site Web de notre monopole adoré. Le nez est encore marqué par le passage en barriques de chêne. Ce qui n’empêche pas quelques notes torréfiées et chocolatées de parvenir jusqu’à nos narines. Ça sent aussi la figue mure et les épices. La bouche est étonnamment élégante après ce nez. On aurait cru avoir affaire à un colosse boisé. Et pourtant, tout est en retenue, en délicatesse. Les éléments décelés au nez, le chocolat, le café, les épices, sont tous là, mais sans que l’un prenne le dessus sur l’autre. Le fruit noir est bien présent. Le boisé, c’est en finale qu’on le détecte surtout. Les tanins sont bien présents, mais sans rugosité. Il y a même une agréable et vivifiante pointe d’acidité. Je crois que ce vin est encore jeune et pourrait encore gagner en délicatesse, mais il est déjà bon, si vous le passez un moment en carafe. Je le recommande sur une pièce de viande bien saignante et relevée, comme l’agneau !

Note : 8/10

Chanson, Pernand-Vergelesses, 1er cru les Vergelesses, 2009, code SAQ 11818537, 39,75 $

Cépage: pinot noir

Probablement le cru le plus réputé de Pernand, il nous arrivera ce jeudi en SAQ. Un très élégant bourgogne d’un grand millésime. Du nez on retient des parfums de cerises rouges dans le sirop, de sous-bois, d’épices et de bois de santal. En bouche, le fruit est plutôt noir que rouge, et on perçoit une minéralité intense et de l’épice. Le tout enrobé de tannins d’une étonnante puissance, mais à la fois très élégants. La longue finale est toute en fraîcheur. Solide charpente pour un vin de cette région. Ceux qui reprochent aux bourgognes leur manque de charpente aimeront celui-là. Un vin à carafer, mais selon moi à attendre quelques années. Pour accompagner un filet mignon bien saignant.

Note : 8/10

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  1. Je te félicite David:

    a) pour tes bonnes suggestions;

    b) pour mentionner le nom des cépages et le % de chacun d’eux (lorsque disponibles) dans les informations fournies sur les vins commentés; grâce à ces détails importants, tes descriptions surpassent la plupart de celles de la SAQ!

    Continue ton bon travail!

    Yves Mailloux

    Réponse
  2. Some really great blog posts on this internet site , regards for contribution

    Réponse

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