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Déluge de découvertes

Par Valérie Dufour et David Santerre

Nous vous parlions récemment des deux grands salons de vins qui se sont déroulés presque coup sur coup, soit la Grande dégustation de Montréal et le Salon des vins d’importation privée de Montréal et Québec.

Nous les avons visités, n’avons évidemment pas tout goûté parce que les deux salons présentaient plus de 2000 produits. Mais nous en avons tout de même dégusté assez pour vous présenter une bonne liste de coups de cœur. Nous vous les présentons ici en vrac. Certains sont issus de l’importation privée. Normal, c’est un des intérêts de ces salons, de découvrir des vins plus difficiles à trouver. Et comme ce sont des produits que l’on doit acheter à la caisse, c’est bien de pouvoir les goûter avant! Pour ces vins donc, nous vous donnerons les coordonnées des agences auprès desquelles on peut se les procurer!

Côté bulles

Champagne Gremillet: une maison située tout près du mythique et mystérieux villages des Riceys, tout au sud de la Champagne, près de Chaource, où se produisent les vins effervescents et tranquilles les plus déroutants et parmi les plus grandioses de Champagne.  C’est là qu’on trouve les pinots noirs les plus puissants de la région. Jean-Christophe Gremillet ne présente toutefois ici que des effervescents. Sa cuvée d’entrée de gamme Brut, 100 % pinot noir, est d’une belle complexité, fruitée, minérale, pas trop d’arômes de pâtisserie. À 43 $, c’est pour ainsi dire une aubaine sur notre marché. Son champagne rosé de saignée 2007 est aussi remarquable. Un bon pinot noir, puissant, pour accompagner le repas. 50 $. On trouve chez les Vins excalibur.

Jean-Christophe Gremillet produit de très beaux champagnes issus du pinot noir

Champagne Collet: ceux qui font leurs emplettes dans une des six succursales Dépôt du monopole d’État auront la main heureuse avec le champagne Collet Grand Art Brut, un assemblage classique de pinots noir et meunier et chardonnay. Des arômes de pâtisserie, de danoise aux fraises, une belle fraîcheur. Un champagne facile d’approche, et plutôt abordable à 49 $.

Liste des succursales où le trouver 

Jaillance: La cave coopérative de Jaillance est située à Die, dans la Drôme. Bien connue pour sa clairette de Die, on y voit toutefois plus grand. Par exemple, on a étendu les activités à Bordeaux, où on produit un étonnant crémant de Bordeaux rosé, issu de merlot, aux arômes de fruits rouges acidulés, de poivron rouge et d’épices. Et un Crémant de Die, bio, fait de clairette, de muscat et d’aligoté. Un nez floral et mielleux, l’empreinte du muscat. La bouche est malgré tout agréablement fraîche.

Deux très bons rapports plaisir-prix, à 20 $ et 22 $ chez LCC/Clos des vignes.

Juvé y Camps: pour conclure cette tournée de bulles qui ne donne qu’un aperçu des dizaines que nous avons goûtées, un petit Cava, les bulles d’Espagne, surtout produites en Catalogne, que l’on trouve à prix sympathique en SAQ. Issu des cépages traditionnels du Cava, parellada, xarel-lo et macabeo. Un vin délicat à la bulle fine et aux saveurs de brioche et de fruits blancs agréables. Pour 19,80 $, c’est un achat avisé.

Liste des succursales où le trouver 

Du côté des blancs…

Prieuré St-Jean de Bébian: le «petit» blanc de la maison, la Chapelle Bébian 2010, Côteaux du Languedoc, est composé des cépages roussanne, marsanne et clairette. Floral, gras, rond en bouche, une pointe de melon miel et bien minéral, c’est un blanc très élégant pour accompagner des poissons et fruits de mer goûteux bien épicés ou nappés de sauces aillées. Actuellement en importation privée chez A.O.C. Cie, Châteaux et Domaines. Mais à surveiller, il fera bientôt son entrée en spécialité à la SAQ, au prix de 26,24 $.

Domaine Turner-Pageot: Toute la gamme, rouge ou blanc, de ce domaine languedocien fait partie des vins les plus étonnants dégustés récemment. Plus précisément, le sauvignon blanc «La rupture» 2009, Gabian en Languedoc. Agriculture biodynamique, vinification très singulière pour un blanc, la peau des raisins ayant été conservée comme pour des rouges, ce qui donne un blanc quasiment tannique. Puissant, un brin mielleux, des notes d’écorce d’oranges confites, très épicé et minéral, un grand vin pour accompagner des plats du même acabit que le vin précédent. 33 $, un prix justifié, disponible chez Raisonnance.

La Roncaia: de cette région fabuleuse et méconnue qu’est le Frioul, dans le nord-est de l’Italie, nous provient ce vin d’appellation Colli Orientali del Friuli, issu du cépage blanc friulano, autrefois appelé tokai. Un tiers des raisins utilisés dans l’assemblage sont passerillés, séchés sur paille pour ainsi se gorger de sucre. En résulte un vin aux notes florales, de beurre, de pêches, d’abricots et d’amandes grillées, avec une agréable pointe de fraîcheur en finale. Superbe! 30,50 $, chez LCC/Clos des vignes. 

Moulin Touchais : C’est au pas de course que nous nous sommes dirigés au kiosque de Moulin Touchais où l’on offrait une série de vieux millésimes de ce Côteaux du Layon, une appellation de Loire où le chenin est à l’honneur. Les liquoreux de la Loire sont beaucoup plus digestes vu leur niveau d’acidité plus élevé, mais aussi ils permettent aux amateurs de goûter à de vieux vins de desserts pour une fraction du prix des douceurs du bordelais.

Nous avons eu la chance de déguster les millésimes 1975, 1980 et 1999. Le plus vieux vin était de toute beauté dans le verre, un beau jaune ambré, brillant et riche et des larmes bien grasses. Au nez, le vin était tout aussi riche avec du coing, du miel, du caramel, de la cire d’abeille, de la vanille et un côté rancio (coeur de pomme). Ces arômes complexes se sont retrouvés en bouche. Un vin complexe, long à souhait avec encore une belle acidité qui nous fait dire que cette bouteille a ce qu’il faut pour tenir encore la route. Un peu plus jeune, le 1980 était tout aussi satisfaisant quoique moins profond. Le 1999, de son côté, était encore assez joufflu, il regorgeait de saveurs d’ananas confit, mais il avait également un côté minéral (silex). Si on veut vraiment l’apprécier dans toute sa splendeur, il faudrait le coucher en cave et l’oublier pour au moins une décennie. Il est à noter que la SAQ tient plusieurs millésimes, alors on peut aisément en trouver.

…Puis viennent les rouges

Prieuré St-Jean de Bébian: je vous parlais de ce domaine dans la section des blancs. Le grand rouge de la maison est une splendeur. J’ai goûté 2002 et 2005. Syrah, grenache et mourvèdre. Fermentation en cuves de pierres du 18ème siècle. Élevage de 18 mois en barriques de plusieurs vins. Du beau fruit noir, des épices, de la réglisse, grande complexité, grande délicatesse. Pas donné, près de 50 $. Mais c’est un grand vin. Le 2007 fera son entrée bientôt en spécialité à la SAQ. En attendant, on le trouve chez A.O.C. Cie, Châteaux et Domaines.

Cascina Roera: faire du vin dans le Piémont, quand nos noms de familles sont Rosso et Nebiolo, ça nous prédestine à quelque chose de bien… Tous les vins de ce duo sont superbes, mais la cuvée San Martino 2006, en appellation Barbera d’Asti, est un modèle d’équilibre et d’élégance. À la fois puissant, porteur d’un beau fruit noir, d’olives et de fines herbes, sur des tanins bien appuyés mais soyeux, ce vin est à passer en carafe, avant d’arroser vos plats italiens bien tomatés et épicés. Disponible chez Glou (le site Web est loin d’être fonctionnel, mais on y trouve les coordonnées!)

Bodegas y Vinedos del Jalon: l’aubaine de ces deux salons, de l’appellation espagnole Calatayud, au sud de la Rioja. Le Vina Alarba Vieilles Vignes de Grenache 2009 est un très beau jus, aux notes de cassis et prunes, épicé, puissant mais sans lourdeur. Ce vin n’a d’ailleurs pas été élevé en barriques. Charmeur, tout en se tenant loin de la vulgarité. 13,35 $, en SAQ.

Bodega Santo Tomas: une curiosité provenant du plus vieux domaine de la péninsule de Baja California, au Mexique. Tinta Mexico est un assemblage de barbera et merlot. Un nez puissant, fruits noirs, olives, tabac et poivrons grillés. La bouche est assez fidèle au nez, avec un petit côté balsamique et fumé. Puissant, et équilibré. Une belle découverte qu’on peut se procurer chez Tequilart pour une vingtaine de dollars.

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