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Petites trouvailles et grandes surprises à la Fête des vendanges

Délicieux alcools d'érable à la Vinerie du Kildare d'Oka.

Le second week end de la Fête des vendanges de Magog-Orford s’amorce ce samedi 10 septembre à 11h. Un bel évènement où prendre la mesure des progrès (et aussi parfois du chemin qui reste à parcourir) du vignoble québécois.

Cette foire du vin et autres alcools du Québec, et des produits du terroir, ne cesse de prendre de l’ampleur et, à moins d’y passer deux ou trois journées, il est impossible de tout goûter.

La meilleure chose que vous puissiez y faire, c’est de concentrer vos dégustations chez des producteurs qui vous sont inconnus, c’est ainsi qu’on fait les plus belles découvertes, qu’on se laisse surprendre ou séduire. Le tout sans oublier de tout de même revisiter les produits que l’on connaît mieux et qu’on aime!

Et il ne faut pas que boire, il faut surtout discuter et échanger avec les producteurs. Certains ont des histoires fascinantes à raconter, sur l’histoire de la viticulture au Québec, leurs réussites, leurs trucs et leurs échecs en cours de route.

Un autre intérêt, c’est qu’on peut acheter sur place des produits qui ne sont souvent disponibles qu’aux domaines, éparpillés un peu partout en province.

Mon constat après deux heures passées sous le grand chapiteau (à l’abri de l’orage dimanche dernier), c’est qu’évidemment, tous les vignerons n’en sont pas encore au même niveau.

Il y a des vétérans, comme le Marathonien, le domaine Saint-Jacques, de la Bauge ou l’incontournable Orpailleur.

Il y a des aventuriers, un peu fous, comme Anthony Carone, de Lanoraie, qui cultive des cépages vinifera comme le délicat pinot noir, le sangiovese, le malbec, le riesling, le chardonnay ou le viognier, alors que la plupart des vignerons en sont aux cépages hybrides, moins nobles, mais plus résistants à notre climat.

Il y a des débutants prometteurs qui partent de plus ou moins loin selon le cas.

D’autres ayant réussi à créer d’agréables produits en utilisant de façon originale la poire, la sève d’érable ou les petits fruits.

Et malheureusement, il y a aussi quelques absents notoires, comme le domaine des Pervenches qui produit des vins naturels étonnants, le Domaine Bouchard-Champagne qui maîtrise admirablement le cépage Frontenac, les domaines les Brome et Val Caudalies, et leurs délicieux blancs, ou le Clos Saragnat et son fameux vin de paille. Le salon n’est pas moins intéressant sans eux, mais on est tout de même privé de quelques artisans parmi les plus talentueux du Québec. Ils ont probablement leurs raisons, qui leur appartiennent.

Je vous livre ici quelques coups de cœur. Notez que je n’ai pas tout gouté, et que les producteurs mentionnés ici, s’ils sont des valeurs plutôt sures, ne sont pas les seuls qui méritent que vous leur rendiez visite!

1-Vignboble du Marathonien: Ce domaine de Havelock, près d’Hemmingford, est un des plus anciens et compte une poignée de vignes de merlot et cabernet franc vieilles de 20 ans, ce qui n’est pas rien au Québec. Dans les bonnes années, on produit une barrique de cet assemblage, de laquelle on tire environ 500 demi bouteilles. Un beau fruit noir un brin acidulé, des tanins bien structurés, un petit côté épicé, poivré, très vivifiant. Du millésime 2010, il est très jeune et deux petites années en cave lui permettront de gagner en élégance. Un petit 10 $ très bien dépensé. Aussi la Cuvée spéciale, un joli blanc demi sec issu des cépages vidal, seyval, geisenheim  et cayuga, agréablement parfumé de notes de pêche et de poire, floral, tout légèrement sucré. 13 $ seulement… Il faut aussi rappeler que le Marathonien produit des vins de glace et de vendanges tardives parmi les meilleurs au Québec.

2-Domaine des Salamandres: Un vrai coup de cœur! On connaît tous le cidre de glace. , un œnologue formé à Montpellier en France a adapté la formule à la poire dans son domaine de Covey Hill, près d’Hemmingford. Disponible en SAQ, le Poiré de glace est un petit régal goûtant bon la poire cuite, les amandes, sans tomber dans le trop plein de sucre. Très équilibré et savoureux avec une crème brûlée, des desserts aux noix ou sur des fromages relevés. La cuvée Tabarnak est faite de poires qui ont gelées sur l’arbre. Plus puissante, plus complexe, avec des notes de caramel brûlé. Mais mon coup de cœur, c’est son vin passerillé. Car le domaine possède trois hectares de vignes, certifiées biologiques. On récolte le fruit mur, on le laisse sécher quelques mois dans des cagettes de bois dans une grange, avec de presser ces fruits séchés, gorgés de sucre. Un vin complexe, racé, un produit de classe mondiale à mon avis.

Loïc Chanut, du domaine des Salamandres

3-Vignoble des murmures: un tout petit domaine à flanc du mont Saint-Hilaire, concrétisation du rêve d’un couple d’agronomes. Plusieurs cuvées dont le Rose aux joues, un petit rosé issu du cépage Frontenac, très frais, vif, goûtant bons les fraises et framboises sauvages, avec une belle acidité. Du même Frontenac, l’Effronté, résultat d’une macération carbonique, une belle idée qui donne un frontenac tout en délicatesse et en fruit, sans les tanins et le brin de rusticité auquel il nous a habitués.

La gamme de vins du Vignoble des murmures

4-Vignoble Carone: Anthony Carone est un des vignerons les plus téméraires au Québec, lui qui plante des cépages nobles qui ne peuvent résister à notre climat qu’au prix de soins et petites attentions qui dépassent l’entendement. Sa grande réussite et un des meilleurs vins rouges au Québec, le Venice pinot noir, qui sent bon les petits fruits rouges et les épices, à la bouche ronde, fruitée, un brin vanillée. Une petite quantité de cabernet severnyi, un cépage étrange qu’il a dégoté en Russie, qui ajoute structure et couleur au pinot. Disponible en SAQ, à 35,50 $. Pas donné, mais c’est un prix justifié pour la qualité du vin et la somme de travail qu’il a nécessité. Une autre cuvée digne de mention, le Double Barrel, cabernet severnyi et sangiovese, élevé 16 mois en barriques françaises et américaines, d’où son nom. Un vin que Carone jure être construit pour la garde. Intéressant, mais peut-être un peu tannique et boisé pour le moment. À attendre quelques années pour se faire une idée.

Anthony Carone, et sa cuvée Double Barrel

5-Ives Hill: On produit dans ce petit domaine de Compton en Estrie, des vin de cassis dignes de mention, fins, avec une jolie acidité. Rien à voir avec la lourdeur de certaines crème de cassis.

6-Vinerie du Kildare: Des produits à base de sirop d’étable fermenté, et non fortifiés à l’alcool. Ce qui apporte fraîcheur et délicatesse aux produits. Le Grand d’Esprit, liqueur à boire sur des fromages bleus ou en digestif, très frais, rappelle le goût du réduit d’érable, avec une belle fraîcheur.

-Pour connaître les horaires, coûts d’entrée, consultez le site de la Fête des vendanges.

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